Nom de code: "Projet Lacydon". Pour la Société marseillaise de crédit (SMC), intégrer de manière effective et concrète le Crédit du Nord, groupe qui l'a rachetée fin 2010, relève du plan de bataille stratégique. Un plan structuré en trois dimensions: l'informatique, l'organisation et le réseau. Côté informatique, la migration de la SMC vers le système du groupe a été réalisée avec succès en avril dernier. «Cette opération a nécessité un an et demi de travail et la mobilisation de 450 personnes, commente Emmanuel Barthélémy, président du directoire de la banque marseillaise. Désormais, tous nos clients sont portés par l'informatique du groupe». Deuxième grand projet mené à son terme au cours des derniers mois: la réorganisation des équipes et des process. «Pour le client, rien ne change, mais en coulisses, tout a changé, résume Emmanuel Barthélémy. Il s'agissait d'un énorme projet d'accompagnement au changement. Car aucun de nos collaborateurs ne fait exactement aujourd'hui le même métier qu'il y a trois mois. Plus de 30.000heures de formation ont été nécessaires».
Processus de fusion
Désormais, c'est à la deuxième phase du fameux "Projet Lacydon" que la SMC se prépare: la fusion des agences SMC avec celles Crédit du Nord Paca, qui devrait avoir lieu dès le mois d'octobre prochain. 56 agences changeront de main dans la manoeuvre. Un complexe jeu de puzzle qui amènera à terme la banque marseillaise à chapeauter 180 agences à son nom, ainsi que 1.800 collaborateurs. «Avec 7 à 8% de part de marché, nous devenons clairement un acteur bancaire incontournable dans le territoire, estime Emmanuel Barthélémy, qui peut par ailleurs désormais s'appuyer sur les treize nouvelles agences "entreprises" créée depuis le début de l'année.
Indicateurs au vert
Avec un produit net bancaire de 227,5M€ (en hausse de 15,2%), et 18.000 nouveaux clients, 2011 aura été une souriante année de transition pour la SMC. «Nous avons réalisé les objectifs de notre plan stratégique avec deux ans d'avance, se réjouit le président du directoire. Notre banque est une entreprise qui se développe fortement au service de sa région». Quid, dans ces conditions, de la frilosité ressentie globalement par les chefs d'entreprises chez leurs partenaires banquiers? «Nos encours de crédit ont pourtant augmenté de 9,4% l'année dernière, martèle Emmanuel Barthélémy. En revanche, il est vrai que nous sommes probablement devenus plus exigeants dans l'analyse des projets qui nous sont présentés. Nous durcissons nos conditions d'accompagnement. Et puis, la vie continue: certains entrepreneurs ne savent pas expliquer, et certains banquiers ne savent pas comprendre...»
SMC
Marseille Emmanuel Barthélémy Produit net bancaire: 227,5M€ www.smc.fr