SITL : Encore un espoir de reprise
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SITL : Encore un espoir de reprise

Redressement L'usine de 400 salariés, qui produisait des machines à laver peut encore être sauvée. Un sauvetage qui passerait par une reconversion totale. Les principaux repreneurs potentiels, producteurs de véhicules électriques, ont jusqu'au 20 mai pour déposer une offre.

Le préfet Jean-François Carenco ne lâche rien. Cynique, mais tenace. « SITL ce n'est plus rien : il n'y a pas de terrain, pas de production, plus de machines à laver, pas de licence de marque, juste des salariés sympathiques. Et tant que l'on sait payer des salaires et que des repreneurs s'intéressent à l'usine, on s'accrochera pour trouver une solution et permettre à 400 salariés de garder leur emploi. » Le représentant de l'État a été entendu. Mercredi 30 avril, le tribunal de commerce de Lyon a repoussé au 20 mai, la date butoir pour la remise des offres de reprise de SITL, mise en redressement judiciaire le 2 janvier dernier après que Fagor-Brandt a brusquement interrompu son contrat de sous-traitance en octobre. Le coup de théâtre est arrivé peu après minuit dans la nuit précédant l'audience, avec une lettre d'intention adressée à l'administrateur et provenant du constructeur automobile nord-américain Centro dont le siège social est à Washington (6.000 salariés, 500 millions de dollars de chiffres d'affaires). Son représentant en France, maître Marie du Gardin, avocate associée chez Fidal, a indiqué au tribunal que la société cherchait depuis longtemps à s'implanter en Europe et que l'opportunité de reprise de SITL était une occasion idéale. « Nos clients peuvent injecter tout de suite 15 M€ pour faire de ce site la plateforme de déploiement européen pour ses véhicules électriques, ainsi que le centre européen de R & D. »




Abu-Dhabi et Dubaï

Les Américains proposent de reprendre 200 salariés pendant au moins un an. Ce seuil serait un impératif pour que le terrain leur soit cédé gracieusement, tandis que la cession gratuite de ce terrain serait pour Centro une condition suspensive à la reprise. La vice-présidente puis le président de Centro, Peter Wang, devaient venir successivement la première puis la seconde semaine de mai pour rencontrer les principaux acteurs du dossier. En face, une offre plus ancienne recouvre à peu près les mêmes enjeux. Les capitaux proviennent cette fois d'Abu-Dhabi et de Dubaï et c'est Emmanuel Delepoulle, entrepreneur isérois, président de Snep-Euroform, qui agît comme intermédiaire dans ce dossier. Il a remis en mars à l'administrateur judiciaire Robert-Louis Meynet une lettre d'intention dans laquelle il serait question d'injecter 25 M€ dans une usine de véhicules électriques, avec là encore maintient de 200 salariés également. « Les deux propositions étant concurrentes, le tribunal n'en retiendra qu'une », a souligné en sortie d'audience Robert-Louis Meynet qui attend désormais les documents officiels. Le 30 avril dernier, aucune offre de reprise n'avait été déposée en bonne et due forme. Des offres complémentaires permettraient de compléter les propositions principales et de sauver du licenciement la totalité des 405 salariés. « Les lettres d'intention me paraissent solides, souffle Pierre Millet, dirigeant de SITL qui avait proposé un plan de redressement non financé, donc presque caduc en l'état. Ayant monté cette entreprise, j'espère que l'on s'en tirera par le haut. » Côté représentants du personnel, même soulagement. « Nous avions deux alternatives, la liquidation ou le report. Nous sommes satisfaits de cette issue et espérons que ce report sera le dernier et aboutira à sauver tous les emplois », a indiqué l'intersyndicale, se montrant tout à fait disposée à rencontrer les repreneurs potentiels pour leur prouver leur volonté de s'inscrire dans un projet de reconversion ambitieux. Selon des acteurs du dossier, « sauver SITL et ses 400 emplois relèverait d'un exploit encore plus remarquable que le sauvetage de Kem One ». La prochaine audience du tribunal de commerce se tiendra le 6 juin.

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