Cinq ans de recherche auront été nécessaires au Dr Alain Martinez (société Sirim) pour obtenir un produit conforme à ce qu'il imaginait. C'est désormais chose faite: breveté au niveau européen, son numériseur de films radiologiques et de documents médicaux vient d'être récompensé d'un trophée régional de la Fédération française des sociétés d'assurances.
Le créateur
Alain Martinez est né en 1946 à Casablanca. Après des études de médecine à la faculté de Toulouse, il sort titulaire de trois spécialités médicales: rhumatologie, médecine physique et réadaptation fonctionnelle, médecine du sport. Une «trilogie» qu'il complète par différents diplômes d'université à Lille et à Paris. Il est en outre titulaire d'un diplôme de réparation juridique du dommage corporel, d'un diplôme universitaire en expertise du dommage corporel (Capedoc) et du diplôme du Board européen de médecine physique et de réadaptation. Il a exercé la médecine libérale durant vingt ans, période pendant laquelle il dit s'être «beaucoup intéressé à la radiologie» pour ensuite se consacrer à la recherche.
L'idée
Au fil de ses recherches, le Dr Alain Martinez se penche sur la qualité des clichés radiologiques analogiques: n'existerait-il pas un moyen de l'améliorer? «J'ai pensé aux patientes, en France ou à l'étranger, qui ne bénéficient pas de mammographies numériques, explique-t-il. Avec des clichés plus lisibles, le dépistage du cancer du sein serait à coup sûr plus efficace.»
L'innovation
Cinq années de recherche- financée à 90% sur ses propres deniers- et cinq prototypes auront été nécessaires pour parvenir à un produit entièrement validé sur le plan technique et breveté sur le territoire français puis européen. «Le système que j'ai mis au point permet de numériser, avec une résolution de 12,7millions de pixels, n'importe quel film radiologique et document médical (jusqu'à un format de 36 x 43cm) en une seule seconde et de l'archiver automatiquement sur le disque dur de l'ordinateur», résume le Dr Alain Martinez. Par rapport à un scanner classique, ce numériseur dispose d'une option de traitement automatique de l'image: contraste, lumière et niveaux de gris sont instantanément ajustés pour améliorer la qualité du cliché. Une fois l'image scannée, archivée puis traitée, elle peut être transmise dans les réseaux informatiques des hôpitaux, appelés Pacs (Picture Archiving and Communication System). Seul problème, «les formats Jpeg créés par le numériseur ne sont pas reconnus par les Pacs...», précise le créateur. Qu'à cela ne tienne: il va sous-traiter à un ingénieur ECP (École Centrale Paris) la mise au point d'un logiciel pour transformer le Jpeg en ce format spécialisé et protégé, le Dicom (Digital Imaging and Communications in Medicine).
Le marché
Le service de radiologie centrale de l'hôpital de Toulouse a été le premier à s'équiper de ce système de numérisation qui est également en cours d'expérimentation à l'hôpital de Lille. Au-delà des établissements hospitaliers privés et publics français, Sirim- la société qu'a créée le Dr Martinez pour commercialiser son innovation- a pris des contacts avec l'Allemagne, l'Espagne, le Maroc et Dubaï. «Contrairement à la France, beaucoup de pays ne disposent pas d'équipements numériques ni d'appareils pour numériser les documents analogiques ou papier.»
Les perspectives
En décembre dernier, l'innovation du Dr Martinez s'est vue décerner, par la Fédération française des sociétés d'assurances, un trophée régional «Allez de l'avant avec les assureurs». Il confie travailler sur «beaucoup d'autres projets, notamment un sur les textures mathématiques des tumeurs cancéreuses.» Leur concrétisation dépendra de l'intérêt des financeurs...
Tél.: 05.61.47.94.37. www.sirim.eu