Sirena : Le créateur de catamarans face au défi du composite
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Sirena : Le créateur de catamarans face au défi du composite

Une TPE du Pouliguen va mener sa R & D aux côtés de géants tels qu'Airbus, Alstom ou Latécoère. Le projet du constructeur de catamarans Sirena Voile vient en effet d'être retenu au sein du programme Défi Composite, qui vise à combler le retard français en matière de matériaux composites.

La vie de l'entreprise réserve parfois de belles surprises. Début décembre, 46 partenaires privés et publics lançaient en grandes pompes à Toulouse le programme de R & D Défi Composite. Doté d'un budget de 137M€, dont près de la moitié apportée par l'État, il doit aider l'industrie française à rattraper sa consoeur allemande en matière de production de matériaux composites innovants.




«Une situation très drôle»

Rien de vraiment surprenant dans ce vaste programme de recherche: cela fait plus de deux ans que l'on en parle... Si ce n'est qu'une TPE s'est glissée aux côtés des grandes entreprises comme Airbus, Alstom, Daher, ou Aircelle. Et non pas en qualité de simple sous-traitant mais en tant que porteur d'un des dix projets du programme! Cette petite entreprise n'est autre que le constructeur de catamarans Sirena Voile, basé au Pouliguen et piloté par Olivier Morel. De loin le petit Poucet de ce regroupement laboratoires/entreprises avec ses dix salariés. «La situation était très drôle. Se retrouver au beau milieu de tous ces grands patrons, cela m'a fait beaucoup rire... Quand je leur ai demandé: "qu'est ce que je vais bien pouvoir vous apporter?", Jean-Marc Thomas (NDLR: le président d'Airbus France) m'a répondu: "de la simplicité"», relate Olivier Morel. À son niveau, Sirena Voile partage «énormément de problématiques communes avec un géant comme Alstom, au niveau de la masse ou de la déportation de poids par exemple. Les ruptures technologiques sont identiques», assure le dirigeant ligérien. Importateur, distributeur de petits voiliers et créateur de la gamme de catamarans SL, Sirena Voiles pilote au sein de Défi Composite un programme de R & D de 1,5M€ sur trois ans visant à concevoir un catamaran sportif utilisant des technologies composites. «Jusqu'à présent, nos développements étaient totalement empiriques. Nous arrivons à sentir si le bateau va vite, s'il est suffisamment manoeuvrable, etc. Nous allons pouvoir maintenant valider tout cela scientifiquement avec le Cetim et Centrale Nantes. Cela doit nous permettre de continuer de faire construire en France en ayant des bateaux qui sont compétitifs en termes de technologies», continue Olivier Morel. Ancien planchiste sportif, ce passionné de voile continue toujours de naviguer. Pour faire avancer sa société, mais aussi pour le plaisir sachant que ses coéquipiers s'appellent Bruno Peyron, Franck Camas ou Laurent Bourgnon.




Forte poussée à l'international

Ayant repris il y a cinq ans Sirena, le dirigeant de 40 ans semble aujourd'hui rondement bien mener sa barque. La gamme de catamarans que la société a mise au point en 2003 a rapidement séduit le marché. Reconnu par les fédérations française et internationale de voile, le SL16 est ainsi le bateau officiel des championnats de France et du monde pour les jeunes. D'autres gammes de SL sont utilisées pour des compétitions adultes ou en loisir, que cela soit pour une clientèle de particuliers ou de professionnels (hôtel, centres de loisirs, etc.). «En 2008, nous avons vendu deux fois et demi plus de bateaux que l'année précédente», indique Olivier Morel, tout en refusant de dévoiler ses chiffres. Les exportations, passées de 3 à 25% du chiffre d'affaires en trois ans, ont été l'un des principaux moteurs de la croissance. Notamment suite à la mise en place d'un groupement d'intérêt économique avec un organisateur de voyages sportifs, le Nantais Spots d'Évasion. «Ce groupement mis en place grâce au soutien de la CRCI a un très bel avenir. Cela nous permet de distribuer des catamarans sur tous les continents», indique le gérant de Sirena, qui se dit loin d'être arrivé à bon port: «On prend des risques monstrueux. Les problématiques pour une TPE comme la nôtre sont énormes car il faut savoir tout faire: de la R & D, de la com', de l'international, etc. On s'est battu et on continue de se battre comme des fous. Ce qui est réconfortant, c'est qu'on en voit aujourd'hui les fruits. Mais ce n'est qu'un début».

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