Sipa Ouest-France : Le groupe se désengage de la chaîne Angers 7
# Services

Sipa Ouest-France : Le groupe se désengage de la chaîne Angers 7

C'est désormais officiel: Ouest-France se retire d'Angers 7. Le mois de janvier devrait décid

er de l'avenir de la télé locale, deux ans après sa naissance... 15 emplois sont menacés. C'est le 8décembre dernier, par une lettre adressée au maire d'Angers, Jean-Claude Antonini, que le groupe Sipa Ouest-France a confirmé sa volonté de se retirer de la chaîne de télévision locale Angers 7, lancée en septembre 2007. Cette annonce de l'actionnaire majoritaire (34%) était un secret de polichinelle. Depuis plusieurs mois, tout concourrait à cette issue.




Des résultats financiers désastreux

Les déboires subis par Nantes 7 tout d'abord. Placée en liquidation judiciaire à l'automne dernier, mais reprise depuis par Télé Nantes, la chaîne de l'agglomération nantaise avait accumulé 10M€ de pertes en cinq ans, couvertes à hauteur de 7M€ par Ouest-France. En difficulté avec sa régie publicitaire Precom, il était hors de question pour le groupe de François-Régis Hutin de revêtir une nouvelle fois le costume du garant. Surtout pour un groupe qui n'a jamais vraiment montré d'attachement au dossier récupéré lors du rachat en 2005 de la branche ouest de la Socpresse. «Il ne faut pas me dire qu'ils ont hérité. Quand le Courrier de l'Ouest a déposé le dossier, Ouest-France s'engageait à 12%. Ils en avaient donc connaissance», avise Jean-Claude Bachelot, élu de la Ville d'Angers en charge du dossier. «Mais à cette hauteur, on accompagne. Ensuite ils devaient diriger...», pense Fabrice Gasdon, le délégué du personnel. Les résultats financiers d'Angers 7 n'ont jamais plaidé en sa faveur : un déficit de plus de 800K€ au 31décembre 2009, un capital de 2M€ absorbé en deux ans et des recettes publicitaires bien en deçà du prévisionnel (600K€ pour 1M€). Pour se sauver, Angers 7 devait lever 700 K€. La municipalité avait d'ores et déjà déclaré qu'elle ne souscrirait à aucune augmentation de capital. Ouest-France lui a emboîté le pas. Du côté de la Ville, actionnaire à 33% au travers de la Sem Serca, et qui aura versé par ailleurs 2,2M€ à travers un contrat d'objectifs, on regrette surtout le silence. «J'ai été surpris de la gestion de cette affaire de la part d'un groupe si respectable. Cela a donné l'impression qu'ils ont mis la tête dans le sable et qu'ils ont continué d'avancer. On a perdu du temps Avec une annonce avant les vacances, on avait six mois pour travailler», avance Jean-Claude Bachelot, élu de la Ville d'Angers en charge du dossier. 15 emplois sont désormais officiellement menacés.




Et maintenant?

Contacté, Antoine de Tarlé, président d'Angers 7, n'a pas souhaité s'exprimer. Le dirigeant a rencontré le maire en décembre. Ce dernier lui a demandé de ne pas se désengager n'importe comment. Mais Ouest-France n'est soumis à aucune obligation légale. Dans sa poche existerait néanmoins un exploitant potentiel, qui ne reprendrait pas la totalité des parts. Le nom de Jean-Luc Nelle, patron de TV Rennes 35, Tytélé (Vannes) et TV Loco (Nantes), impliquée dans le dossier de reprise de Nantes 7, circule en coulisses.

# Services