Maine-et-Loire
Silver économie : Un marché porteur pour les PME locales
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Silver économie : Un marché porteur pour les PME locales

Le vieillissement de la population comme source de croissance économique. C'est le postulat de la silver économie qui séduit bon nombre de PME. Dans le Maine-et-Loire, elles sont déjà 50 à se positionner sur cette "nouvelle" filière, lancée il y a an en Pays-de-la-Loire.

La transition démographique est en marche en France avec, aujourd'hui, plus de 15 millions de personnes âgées de plus de 60 ans et une projection à 20 millions en 2030, soit près d'une personne sur trois. Pour anticiper cette mutation, la région Pays-de-la-Loire - qui devrait compter 31 % de seniors en 2030 pour 24 % actuellement - a lancé, en avril 2014, sa filière silver économie afin de construire un écosystème régional autour de ce secteur. Un secteur qui apparaît comme un relais de croissance pour de nombreuses PME du territoire, notamment de biens et services. Mais pas uniquement. Sur le Maine-et-Loire, une cinquantaine d'entreprises se sont déjà positionnées.




50 entreprises en Anjou

22,8 %. C'est le pourcentage des plus de 60 ans en Anjou actuellement. Avec des disparités entre milieux urbains et ruraux, ces derniers concentrant davantage de populations âgées et cette tendance s'accélère. « Aujourd'hui, plus d'un Angevin sur cinq a plus de 60 ans, c'est plus que la moyenne nationale, souligne Guillaume Carpentier, chargé de mission Santé et silver économie au sein d'Aldev, l'agence de développement économique de l'agglomération angevine. En 2035, ce chiffre devrait tourner autour d'une personne sur quatre. » De quoi aiguiser l'appétit des PME locales qui relèvent de cette filière. Une étude de la chambre régionale d'industrie et de commerce de décembre 2013 en dénombre plus de 250 sur la région, majoritairement positionnées sur les services à la personne et l'habitat. Elles sont 50 en Anjou, dont les deux tiers sont implantés sur Angers et son agglo, des secteurs des services, de la restauration, de la confection... mais aussi de l'électronique ou de l'informatique.




« Le sujet intéresse tout le monde »

À l'instar de IP Focus, basée à Beaucouzé et spécialisée sur les câblages réseaux, la téléphonie et les installations électriques à destination des professionnels. « On se définit, depuis deux ans, comme " électricien des bâtiments communicants ", explique son dirigeant, Jean-François Reynouard. Chez nous, la silver prend de l'ampleur, c'est un réel axe de développement. Nous venons d'ailleurs de démarrer un gros projet de résidence pour seniors sur Angers. » Très impliqué dans le nouveau cluster régional, Jean-François Reynouard confirme que la filière est effectivement « identifiée comme un marché d'avenir. Globalement, le sujet intéresse tout le monde car nous sommes dans une problématique d'usages. L'approche est transverse, il y a des besoins en matières de technologie, électronique, menuiserie, design, simulation 3D... Mais, il faut prendre le temps de comprendre les besoins. C'est un secteur sur lequel les entreprises doivent s'adapter. » Avec six autres PME ligériennes, l'intégrateur angevin était présent sur un stand commun estampillé Pays de la Loire, fin décembre, sur le premier salon de la silver économie à Paris. « Nous nous réunissons régulièrement pour échanger autour de sujets phare comme l'amélioration de l'habitat. On commence à avoir une vraie animation de la filière. »




« Nous avons les compétences en local »

Pour Guillaume Carpentier, « l'idée est d'associer aux secteurs dits " classiques " celui des objets connectés. Une partie des seniors y est déjà sensibilisée, particulièrement les papy-boomers, ces seniors qui sont encore en activité. » Matelas équipés de capteurs, fermeture synchronisée de volets, plans de travail ajustables dans la cuisine..., autant de nouveaux produits répondant à des besoins croissants pour répondre à la perte d'autonomie tout en favorisant le maintien à domicile dans de bonnes conditions. « Il faut repenser l'habitat, annonce Guillaume Carpentier. Des démarches sont en cours avec des bailleurs sociaux sur le département afin de prendre en compte ces aspects dans la construction de futurs logements. » La création d'un living lab " seniors " est dans les cartons sur l'agglo angevine. Ce projet, situé à l'interface de l'innovation et de la recherche, regrouperait des seniors, des aidants et des entreprises locales qui développent des produits pour les seniors. « Nous avons des compétences en locales », assure Guillaume Carpentier. Un label national " acteurs de la silver économie " a d'ailleurs été créé afin d'identifier les acteurs de la filière. Sur le Maine-et-Loire, quelques PME l'ont déjà obtenu comme Domus Prévention, société spécialisée dans le diagnostic autonomie-habitat à Angers, créée en 2014, ou V-Technologies, agence digitale spécialisée dans l'accessibilité numérique qui emploie 40 personnes à Angers. « Cela fait plus de 10 ans que nous travaillons sur l'accessibilité numérique en développant des interfaces web accessibles aux personnes atteintes de déficiences, avec des contrastes de couleur, de grosseur des caractères..., explique Thomas Jeanvret, responsable du développement commercial de la société. Par exemple, nous maîtrisons la technologie qui permet à un non-voyant de naviguer sur internet. » Depuis septembre 2014, la PME lorgne du côté de la silver économie. « Il y a des besoins similaires du côté des utilisateurs et tout un écosystème d'affaires est en train de se construire. Nous souhaitons trouver notre place en tant que prestataire pour des entreprises qui s'adressent aux seniors. » Le groupe La Poste arrive également sur le secteur avec Cohesio, un service de visite à domicile de seniors par le facteur. Une des premières communes à l'utiliser est Bouchemaine, où une quinzaine de personnes bénéficient du service depuis janvier, facturé 5€ le déplacement. Les collectivités réfléchissent également à des programmes de gestion des ressources et compétences afin de répondre à un accroissement des besoins en terme de personnel soignant et aidant. « La formation des soignants, des architectes,... tout cela doit être pris en compte de manière transversale. L'objectif est, avant tout, de bien vieillir », conclut Guillaume Carpentier.




Contact cluster : 02 40 44 62 95 l. @email (Laurence Cerné).

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