Sigfox / MobiquiThings : Surfer sur l'Internet des objets
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Sigfox / MobiquiThings : Surfer sur l'Internet des objets

TIC. Actives sur le marché de la connectivité, les start-up toulousaine Sigfox et sophipolitaine MobiquiThings ont opté pour des modèles de développement différents.

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'entreprise

Sigfox, dirigée par Ludovic Le Moan, est née à Toulouse en 2010. L'entreprise compte une cinquantaine de personnes et annonce 1,7 M€ de chiffre d'affaires en 2012. La start-up sophipolitaine MobiquiThings a quant à elle été fondée en août 2010 par Cyril Hullin et Frédéric Maro, deux anciens d'Alcatel-Lucent, qui emploient aujourd'hui une dizaine de salariés à Sophia-Antipolis. Si elle ne communique pas sur son chiffre d'affaires, MobiquiThings assure avoir atteint son seuil de rentabilité il y a quelques mois.




Le marché

Toutes deux se positionnent sur le marché de l'Internet des objets. Selon le cabinet d'études Idate, spécialisé dans l'économie numérique, il y avait, dans le monde en 2012, 15 milliards d'objets connectés à Internet d'une façon ou d'une autre, contre 4 milliards en 2010. Et ce nombre devrait atteindre les 80 milliards en 2020. Au coeur de ce business, des start-up françaises travaillent à rendre des objets communicants. D'autres se positionnent en tant qu'opérateurs mobiles dédiés à la communication entre objets connectés. C'est le cas de Sigfox et MobiquiThings.




Le modèle de développement

Visant à devenir un opérateur de référence en Europe, voire au niveau mondial, la start-up azuréenne a développé, pendant deux ans, son propre coeur de réseau mobile pour qu'il puisse s'interconnecter avec tous les MVNO (opérateurs de réseaux mobiles virtuels) existants. Elle a également mis au point un programme qui, une fois embarqué dans une carte Sim standard, lui permet de choisir de façon autonome le réseau disponible le plus pertinent. « Notre business model est celui d'un opérateur mobile : on vend nos cartes Sim à des clients qui ne paieront que pour ce qu'ils consomment comme data, SMS, minutes de voix, etc. » Pour Sigfox, le choix a été de se concentrer sur les communications bas débit. « Les solutions de connectivité existantes, type GSM, WiFi, Bluetooth, ont été optimisées pour des communications entre des ordinateurs ou des téléphones par exemple, qui consomment beaucoup d'énergie et sont coûteuses, explique Thomas Nicholls, son responsable marketing et communication. Or tous les objets n'ont pas les mêmes besoins en terme de connectivité. » Le pari de Sigfox est donc de créer un nouveau réseau cellulaire, permettant de relier des objets à des coûts très bas et avec une faible consommation énergétique : « Actuellement, nous sommes capable de vendre de la connectivité à moins d'un euro par objet et par an », annonce Thomas Nicholls.




Les clients

Lancé en 2012, le déploiement du réseau Sigfox devrait permettre « une couverture à 95 % de la France à fin 2013 », selon Thomas Nicholls. La Russie est également en train d'être couverte et la totalité des Pays-Bas le sera en fin d'année. » En France, il estime à « plusieurs milliers » le nombre d'objets connectés via le réseau Sigfox, dans les domaines de l'énergie et de la sécurité essentiellement. Commercialisée depuis le deuxième trimestre 2012, l'offre de MobiquiThings a pour l'instant séduit « une soixantaine d'industriels en direct, dans les secteurs du tracking, du retail, de l'énergie, de l'industrie, etc., le gros du volume se faisant en Europe de l'ouest et en Afrique », assure son président. En parallèle, MobiquiThings a choisi de faire appel à trois distributeurs (des intégrateurs ou des acteurs télécoms) en France et un en Angleterre.




Le financement

Si MobiquiThings a été financée sur fonds propres, Sigfox communique largement sur les deux tours de table déjà réalisés dans un même but : « Aller très vite dans le déploiement du réseau », déclare Thomas Nicholls. Au total, 12,1 M€ ont été levés, dont 10 M€ en septembre 2012, lors d'un tour de table associant Intel Capital à ses investisseurs historiques.




Les perspectives

Cyril Hullin dit vouloir accélérer son développement commercial, notamment en Asie et en Amérique latine, mais il juge « compliqué de conquérir de nouveaux marchés à l'autre bout du monde. » Si faire appel à des distributeurs lui apparaît être une bonne stratégie, il tient à maintenir une stratégie de vente directe car « ce sont ces grands comptes qui nous servent de références. » Côté Sigfox, « un troisième tour de table sera bientôt annoncé, visant à accélérer notre déploiement à l'international, indique Thomas Nicholls. Les prochains pays où notre réseau sera déployé devraient être le Royaume-Uni et l'Espagne. Notre objectif est de couvrir 60 pays dans les cinq prochaines années. »

Sigfox



(Toulouse) www.sigfox.com

Mobiquithings



(Sophia Antipolis) mobiquithings.com

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