Sicamus : Offensive sur la distribution de plantes
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Sicamus : Offensive sur la distribution de plantes

Leader européen de l'hortensia, le groupe angevin Sicamus entend poursuivre son plan de développement malgré la crise. En avril, Le Mans inaugurera dans l'Ouest une série de nouveaux magasins de libre-service pour les professionnels de la plante. Thomas Giraudet

Retardée de quelques semaines en raison des intempéries survenues au cours de l'hiver, l'ouverture du magasin Sicamus de Sargé-Lès-Mans, prévue en avril, ne devrait pas pour autant passer inaperçue. Rose et gris, le bâtiment de 2.500m², dans la ZAC de La Pointe, arbore les nouvelles couleurs de l'identité visuelle du groupe.




Rennes, Tours puis Bayonne

Fini Cash Anjou, nom originel depuis 1989 pour ce libre-service de plantes, compositions florales, fournitures et décorations. Place à Sicamus. Tout court. «Nous avons décidé de baptiser du même nom l'ensemble de nos activités (production, magasins, distribution) afin de rendre plus simple et plus efficace notre communication. En temps de crise, il faut savoir sortir du lot avec des couleurs très vives, qui évoquent l'ambiance déco de l'offre et qui accessoirement nous font connaître», avance Henri Mercier, le P-dg de l'entreprise, reprise avec cinq de ses cadres en 2000. L'approvisionnement en horticulture des magasins Sicamus se réalise à 60% en France. L'importation des végétaux et des équipements est réalisée en Belgique, en Allemagne, en Italie... En Sarthe, le leader européen de l'hortensia disposera ainsi de son quatrième point de vente après ceux d'Angers, de Nantes et de Bordeaux. Sept personnes travailleront dans cet espace destiné aux professionnels du département. D'ici cinq ans, des enseignes en propre devraient voir le jour à Rennes, Tours et sans doute Bayonne. Rapprochements ou croissance externe, Pierre Mercier ne s'interdit aucune opération pour étendre le concept.




Passer à 50M€ à 5 ans

Dans son plan d'entreprise, baptisé Cap 2015, le groupe Sicamus ambitionne de doubler le chiffre d'affaires global pour le porter à 50M€. Les investissements sont donc maintenus. Malgré la crise... et les conditions météorologiques. «Depuis l'automne dernier, on sent une baisse de la fréquentation. Avec le temps, les gens ne sont plus dans les jardins... On mise donc beaucoup sur le printemps. L'export nous a également permis de moins subir la crise et les variations de prix à la baisse.» Les ventes à l'étranger d'hortensias semi-finis, le produit numéro1 de Sicamus, se montent à 70% et se répartissent essentiellement en Europe, mais aussi en Russie, au Liban ou en Israël. L'an dernier, les pays de l'Est ont par exemple compensé les baisses de commandes des horticulteurs d'Europe occidentale. Pour autant, ces ventes à l'export trouvent leurs limites. Pas question de sortir inopinément des frontières par soucis d'assurance certainement. «Nous demeurons une PME. On a du mal à aller trop loin. Consolidons déjà nos parts de marchés et nos positions. On avance à notre rythme», avance prudemment Pierre Mercier.




Lisser la production

Avec 2millions d'hortensias par an sur ses quatre sites départementaux, Sicamus a doublé son volume de production entre1990 et2000. Depuis, l'investissement régulier s'est concentré dans les unités de stockage. L'entrée de UEO (Uni Expansion Ouest filiale du Crédit Agricole) en 2008 lui a aussi permis de financer ses projets d'investissements en R & D, notamment sur la création variétale par hybridation. Pour l'automne prochain, 1M€ a été investi dans une chambre froide sur le site d'Angers afin de permettre à ses clients horticulteurs d'étaler leurs ventes sur 10 mois et non plus quelques semaines. Sans délaisser l'innovation. Car le marché pousse pour des variétés d'hortensia toujours plus nombreuses et variées. «Notre argument, c'est le semi-hortensia de qualité. Mais aujourd'hui, il faut du rose, du bleu, du blanc, du rouge. On fait donc tout pour suivre le producteur, le conseiller et ainsi sécuriser sa production sur une dizaine d'années. Pour lui comme pour nous c'est important de lisser la production», conclut Henri Mercier.

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