Le nom sonne comme un grondement, un aileron jaillit du logo et un étrange requin de métal aux allures de bolide trône dans le hall d'accueil du siège social de l'entreprise. Une façon de montrer l'agressivité de la marque, qui, depuis vingt ans, s'est imposée comme le leader des casques de motos en France, et qui ne cesse de se développer sur les marchés étrangers. Présente dans la compétition mondiale, au travers de coureurs qu'elle sponsorise (durant la dernière décennie l'entreprise a équipé les trois pilotes français sacrés champions du monde), Shark trouve son origine au milieu des années 1960. À l'époque, les parents d'André et Robert Teston possédaient un magasin de cycles et de motos à Marseille. Ils ont eu l'opportunité d'importer des modèles italiens et en 1972, lorsque l'affaire familiale a été reprise par les deux frères, l'importation de casques de Nava a commencé. Puis, quand la marque italienne a commis «d'importantes erreurs marketing», André et Robert ont décidé de créer leurs propres produits. Shark était née. Les deux créateurs, qui ont vendu partiellement l'entreprise au groupe Atria en 2005, sont encore présents au sein du board de la société. L'entreprise a toujours misé sur l'innovation, la sécurité et les compétitions pour assurer son développement. «Nous voyons arriver quelques concurrents chinois à bas prix, avec peu de critères qualitatifs et sécuritaires. La norme est facilement accessible. Nous, nous proposons toujours des produits au-delà de la norme», commente Jean-Marc Manuguerra, directeur commercial France.
Deux sites de fabrication
La fabrication des casques se déroule aujourd'hui sur deux sites, qui appartiennent à la société. L'un est en Thaïlande et compte 450 salariés. «ACS est spécialisée dans la production de casques en fibres et est moins automatisée que notre usine du Portugal», explique Patrick François, président de Shark. SFPC a de son côté une capacité de production de 300.000 casques par an en résine thermoplastique injectée. «Il s'agit d'une unité de 150 personnes».
600 points de vente sur l'Hexagone
Sur l'Hexagone, l'entreprise distribue ses produits auprès d'un réseau de concessionnaires et de vendeurs d'accessoires motos. «Nous comptons près de 600 points de vente, dont 60% sont regroupés autour de centrales d'achat et 40% sont de vrais indépendants. Nous assistons à un développement des chaînes, mais nous restons attachés aux distributeurs traditionnels. Dans l'ensemble, le réseau de revendeurs a tendance à se professionnaliser», ajoute le directeur France. À l'international, l'entreprise couvre aujourd'hui 38 pays: l'Europe, mais également les États-Unis, le Brésil, l'Australie, Israël et certains pays asiatiques, comme la Thaïlande. «Nous comptons trois filiales commerciales qui couvrent la Grande-Bretagne, l'Allemagne et le Bénélux. Dans les autres pays, nous passons par le biais d'importateurs/distributeurs», explique de son côté Christophe Miravalls, directeur export de l'entreprise. La compétition contribue au développement international de la marque, mais représente toutefois près de 80% des investissements de l'entreprise. «Le casque est un produit auto-publicitaire. Cela nous permet de réduire nos budgets communication et d'accroître les ressources consacrées au sponsoring». Depuis quatre à cinq ans, une nouvelle clientèle voit le jour, moins attachée aux performances des coureurs, et qui vient à la moto à cause des difficultés croissantes de déplacement en centre-ville. «Notre gamme est large, de 150 à 600 €. Tout le monde peut avoir son ?Shark?. Nous devons maintenant travailler sur la notion d'? achat plaisir?...»
L'entreprise Shark, installée depuis plus de 20 ans dans la Cité phocéenne, se positionne comme le leader français des casques de motos. La société, qui allie innovation et sécurité, réalise 60% de son chiffre d'affaires sur les marchés étrangers.