Shanghai : Les entreprises préparent l'après-exposition

Shanghai : Les entreprises préparent l'après-exposition

1.126.751 visiteurs du 1ermai au 31octobre. 6.500 participants professionnels accueillis pendant les semaines thématiques. Plus de 200 rendez-vous organisés par Erai Shanghai. Voilà, côté chiffres, le satisfaisant bilan du pavillon Rhône-Alpes de l'Exposition universelle de Shanghai. Place, désormais, à l'après-Shanghai, ou comment mettre à profit la couverture médiatique et les contacts engagés pendant ces six mois par les collectivités et les entreprises qui y ont participé. La Région souhaite faire du pavillon Rhône-Alpes le siège Erai de Shanghai et un lieu pérenne d'accueil des manifestations et des entreprises désireuses de se développer en Chine. Mais dans les faits, rien n'est encore sûr: elle est en pourparlers avec les autorités chinoises pour étudier les différentes hypothèses relatives au bâtiment et à ses usages. Pour mémoire, 5M€ ont été mobilisés pour le bâtiment, dont 3M€ financés par emprunt bancaire d'Erai.




Investissement fructueux

Les entreprises qui ont participé à l'éco-conception du bâtiment y ont vu l'occasion d'avoir une vitrine grandeur nature. C'est le cas de Canevaflor, société lyonnaise auteure d'un mur végétalisé, sa spécialité. À condition que la pérennité du site soit assurée dans de bonnes conditions... «Nous avons pu grâce à Erai participer à cette merveilleuse exposition, explique, reconnaissante, Sylvie Rutler, responsable de la communication de l'entreprise. Toutefois, le chantier a été très complexe. Nous gérons à distance, par internet, l'arrivée de l'eau pour assurer un arrosage homogène sur plusieurs centaines de m². Or, avoir internet et travailler avec la Chine s'est révélé très difficile!» Problème désormais: le bâtiment, construit par des équipes locales, serait défectueux. «Il va devoir être ?rafistolé? et nous n'avons plus personne sur place pour gérer l'eau...» Toutefois, Canevaflor a pu, grâce à sa participation à l'exposition, nouer des contacts fructueux... pas avec des Chinois, mais avec des Japonais et des Coréens. «Pour nous, c'est un investissement très important, mais qui correspond à du marketing, de la communication. Le fait d'être présent a eu des répercussions sur notre image à l'international. Nous en récoltons les fruits au Brésil, où nous avons ouvert une filiale cet été.»




Valider des marchés

Dans un tout autre domaine, Espace textile, co-organisateur des Journées textile sur le pavillon rhônalpin, après plusieurs jours sur des salons professionnels locaux, dresse aussi un bilan positif. «Le but était de mettre en avant la richesse et la diversité du textile et de l'habillement en Rhône-Alpes, explique Agnès Elisabelar, chef de marché international et conseillère du commerce extérieur de la France. De nombreuses entreprises travaillent déjà avec la Chine. L'exposition a permis de conforter des contacts et de valider l'existence d'un marché porteur, le tissu d'ameublement.» Les professionnels du textile devraient, dès 2011, organiser une mission sur ce thème en Chine. De son côté, le Cluster beaujolais, qui a mené sa première action en Chine sur l'exposition, désire donner suite aux contacts encourageants qui ont été pris, dans le domaine du vin comme de la mode. «Nous souhaiterions disposer dans le bâtiment d'un corner beaujolais pour mettre en avant les entreprises», confie Sophie Landreau, du Cluster Beaujolais. Les idées ne manquent pas, mais il faudra attendre quelques mois pour connaître le devenir du site.