La métropole grenobloise avait qualifié cette décision « d'inacceptable » et s'était fendue d'un communiqué de presse offensif, le soir-même de l'annonce. « C'est plus l'art et la manière qui ont posé problème, plutôt que la décision elle-même », estime Véronique Péquignat, directrice des actions à l'international de l'AEPI. Face à la décision de l'association SEMI d'en profiter pour coupler Semicon Europa avec les salons Electronica et Productronica, elle concède toutefois : « Electronica comprend 16 halls : ce n'est plus du tout la même échelle. Ce virage a cependant du sens car il permet d'intégrer de plus en plus le domaine des applications ». Pour les collectivités, ce choix illustre tout sauf une perte d'attractivité de la ville. Le président de la métropole, Christophe Ferrari, rappelle que « la première édition iséroise avait accueilli 6000 visiteurs professionnels et 300 exposants, soit une croissance de la fréquentation de 28 % par rapport à l'édition précédente ».
Des tractations au sein de l''écosystème
« Il ne faut pas oublier que Dresde est concernée au même titre que nous », rappelle Véronique Péquignat. D'après elle, SEMI se serait retrouvé lié à un accord de confidentialité avec la ville de Munich qui l'aurait empêché de prévenir ses partenaires grenoblois plus tôt. « Mais il leur fallait en même temps annoncer la prochaine édition car le principe veut que les participants puissent réserver leurs espaces pour l'année suivante lors du salon ». Nul doute que des considérations de taille mais aussi de budget ont pu jouer en faveur du dossier allemand. « Le monde des salons est un business, dans lequel les Allemands possèdent des poids lourds en matière d'installations, qui font 20 fois la taille d'Alpexpo », analyse l'AEPI. Plusieurs réunions se sont tenues entre novembre 2016 et janvier 2017 entre les acteurs grenoblois de la filière, la métro et l'organisation SEMI. « Tout le monde s'est mis autour de la table », affirme le président de la Métro, qui évoque une « méthode courante dans l'agglomération », en vertu d'une « vieille tradition de dialogue » entre le milieu académique, industriel et les collectivités.
Les engagements de Semi
Résultat ? Fin janvier, les partenaires ont annoncé lors d'une conférence de presse conjointe des mesures compensatoires pour l'écosystème grenoblois. « Nous avons négocié plusieurs choses, notamment la tenue à Grenoble d'un comité de gouvernance pour encourager l'implication des acteurs de Grenoble et de Dresde dans les activités de SEMI », précise Christophe Ferrari. Grenoble récolte aussi l'accueil « d'au moins deux événements annuels », ainsi que des tarifs avantageux pour le salon de Munich. « En 2017, il y aura même trois événements à Grenoble, avec le 3D European Summit en janvier, le MEMS and Sensors Summit (co-organisé avec MSIG) et l'Imaging and Sensors Summit3 », rapporte-t-il. Mais tous ne passeront pas par Alpexpo en raison de leur plus petite taille. « On est plutôt sur des centaines de personnes », glisse le président de la Métro, qui vise des espaces comme Minatec ou le World Trade Center de Grenoble. « Les retombées ne seront pas les mêmes, mais nous permettront d'avoir des événements de pointe », nuance Véronique Péquignat. Le président de la Métro évoque désormais avec humour la fin de cette « petite crise de couple ». « La douche était suffisamment froide pour repartir sur de nouvelles bases de compréhension mutuelle... »