Scoop : Lille, place médiatique où veut s'enraciner le festival
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Scoop : Lille, place médiatique où veut s'enraciner le festival

MéDIAS En quittant Angers pour des bisbilles financières, le festival du journalisme Scoop a trouvé la parade dans un Nord accueillant mais à l'image médiatique instable.

Après 25 ans de bons et loyaux services à Angers, le festival Scoop a quitté l'ouest. Cap au Nord! Son grand maître Alain Lebouc, par ailleurs élu centriste, avait été lâché financièrement par la ville d'Angers sur fond de querelles politiques. En 2008, il avait en effet annoncé qu'il ne soutiendrait pas le maire sortant, l'élu socialiste Jean-Claude Antonini, au profit d'un candidat UMP. La sanction ne s'est pas fait attendre: envolée la subvention de 142K€, sur un budget de 300K€! Une journée du Scoop perdurera pourtant à Angers, y compris en 2012, ce mois-ci d'ailleurs. Sans rancune. Paradoxalement, c'est dans un autre bastion socialiste, celui du trio Aubry-Kanner-Percheron que le festival a trouvé refuge. Si l'argent n'a pas d'odeur, il n'a encore moins de couleur... politique. Dans la capitale des Flandres, Alain Lebouc a semble-t-il trouvé finances à son Scoop. Le comité Grand Lille de l'ex-journaliste Philippe Vasseur, président de la CCIR, a oeuvré pour accueillir à bras ouverts ce festival reconnu et en faire un événement européen.






Des relais d'image à trouver

Le Nord - Pas-de-Calais se cherche en effet des relais d'image. Après la candidature de sa métropole aux JO, après Lille 2004 et Lille 3000, avant le Louvre-Lens, il faut sans cesse focaliser les objectifs sur la région, pour positiver. Il y a pourtant une centaine de correspondants de grands médias nationaux dans le Nord - Pas-de-Calais, rappelle Mathieu Hébert, président du club de la presse régional. L'image médiatique du Nord - Pas-de-Calais, c'était d'ailleurs l'un des thèmes d'un temps fort du festival sous forme de conférence-débat. Si 56% des cadres et dirigeants hors région trouvent le Nord - Pas-de-Calais attractif économiquement, selon une enquête de l'Ifop pour la Créativallée, son image fluctue énormément. L'année 2008 de Bienvenue chez les Ch'tis l'a fait grimper à 70% de bonnes opinions, pour dégringoler à 56% l'année suivante. «C'est une image assez peu consolidée, analyse Damien Philippot, à l'Ifop. Et cette région, comme l'Est, souffre encore plus que d'autres en période de crise».






Clichés

Quand on parle économie, «malheureusement, on parle encore du Nord - Pas-de-Calais plutôt de manière négative». Chômage, usines et mines fermées... La méconnaissance prime. «Sur l'envie d'entreprendre, le Nord - Pas-de-Calais s'en sort plutôt bien et est loin d'être la dernière des régions pour l'esprit d'entreprise». À l'inverse de sa région, Lille jouit d'une bonne image grâce notamment à la culture. Autrement dit lors de cette conférence: «Il faut toujours remettre un peu de charbon pour durer.»




Les «affaires» destructrices C'est une région «qui fait parler», mais les clichés ont la vie dure. Et les sujets destructeurs d'image légion: en tête, l'affaire d'Outreau et aujourd'hui l'affaire du Carlton. «Avant, on parlait de notre paupérisation, maintenant on parle de nous avec du pognon sur un axe Lille-Paris-New York», s'amuse Alain Mahieu. Pour cet expert nordiste de la com' et des réseaux, à la tête du cabinet Intuitu Personae, «on ne combat pas un cliché en essayant de se défendre, mais en inventant d'autres clichés». Attention: les pires ambassadeurs sont d'ailleurs parmi nous. Parmi les bons samaritains, le Lyonnais Maxence Brachet défend son Nord depuis qu'il y a élu domicile en 1986. Pour lui, «Lille n'a pas encore atteint la taille critique de métropolisation» et il faut «bâtir une vision à 2020-2025». Le Louvre-Lens suffira-t-il? L'homme clé du comité Grand Lille, bras droit de Bruno Bonduelle, s'interroge et en appelle à la jeunesse, un autre relais. Le combat reste olympique.

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