Comme les autres industries d'emballage, le spécialiste des palettes Josso doit affronter une baisse d'activité : - 20% de chiffre d'affaires en 2009. Ainsi, la place occupée par l'agroalimentaire, valeur refuge, explose dans le chiffre d'affaires de cette scierie. «Avec les engrais et l'alimentation animale, l'agroalimentaire va représenter 50% de notre chiffre d'affaires en 2009 alors que la proportion avoisinait plutôt les 30% en 2008», explique Claudine Josso, P-dg. Le BTP est en revanche passé de 40% à 30%, le reste étant occupé par la pharmacie et la plasturgie. La scierie a également produit en 2008 15.000 tonnes de plaquettes de bois, 11.000 tonnes de sciure, 8.000 tonnes d'écorces. «La sciure peut être utilisée pour des litières dans l'agriculture, des filtres pour les appareils de purification d'eau, les écorces servent pour les terreaux, etc. Le bois, c'est un peu comme dans le cochon: tout est bon», glisse Claudine Josso.
Réorganisation
Établie sur 15 hectares, la scierie se fournit auprès de propriétaires forestiers privés, de l'ONF et d'experts forestiers. Elle consomme 230m³ par jour de bois brut et possède deux grumiers. Ce type de camions adaptés au transport du bois coûte 240.000 €. L'entreprise fait aussi appel à d'autres véhicules spécialisés: chargeuse (200.000€), abatteuse (300.000€). «Une aciérie, c'est une industrie lourde d'un point de vue capitalistique», remarque Claudine Josso. En 2006, la réfection de l'atelier de montage palettes et du bâtiment avait nécessité 1,5M€ d'investissement. Pour s'adapter au ralentissement global de la demande, la scierie Josso, qui produisait encore 1,09million de palettes en 2008, a dû se réorganiser. Les achats extérieurs ont été stoppés ainsi que le recours à douze intérimaires. Entreprise familiale depuis trois générations, la Scierie Josso s'était pourtant distinguée il y a trois ans par l'adaptation de ses postes de travail. En mettant au point une ligne d'assemblage semi-automatisée, avec des tables à mi-hauteur, elle avait évité le licenciement pour inaptitude de certains salariés. Tout en gagnant rapidement 25% de productivité. Une démarche qui lui avait valu un certificat de bonnes pratiques au niveau européen. «Du fait des gestes répétitifs, on assistait à des arrêts courts mais répétés de salariés, surtout les plus âgés», confie Claudine Josso. «La prochaine étape sera la robotisation pour aller vers un allègement complet des contraintes physiques.»
Face à une baisse de demande pour ses palettes, la scierie Josso du Roc-Saint-André se recentre sur l'agroalimentaire.