C'est avec une certaine fierté que Michel Hamon a reçu, dans son usine de Merdrignac courant novembre, les membres de Promouvance, le club des entrepreneurs du centre-Bretagne. Des confrères chefs d'entreprises qui avaient fait le déplacement en nombre pour visiter l'une des dernières scieries de taille industrielle en Bretagne. Michel Hamon était surtout ravi de leur présenter son nouveau bébé: une machine d'assemblage de palettes bois, en provenance d'Espagne, pour laquelle plus d'un million d'euros ont été investis. «C'est un petit bijou qui va nous permettre d'améliorer notre qualité, notre productivité et décrocher ainsi de nouveaux marchés.»
Des bâtiments agricoles aux palettes bois
Rien ne prédestinait pourtant cette entreprise familiale de Merdrignac à se lancer dans ce type d'activité. En effet, fondée en 1957 par Paul Hamon, la scierie avait choisi comme première voie de diversification la construction de bâtiments agricoles. Pilotée par Bernard Hamon, le frère de Paul, l'aventure cessera en 1973 avec la création d'une entité dédiée connue aujourd'hui sous le nom de Serupa. Paul Hamon, rejoint par son fils, investit dans la fabrication de palettes ce qui lui permet notamment de valoriser les qualités de bois secondaires. «Aujourd'hui, ces produits représentent plus de 60% de notre chiffre d'affaires. Le secret de notre réussite réside dans le fait que la scierie Hamon a choisi de se placer sur un créneau hors standard. La stratégie de multiplication des marchés de niche, au fur et à mesure des années, a parfaitement fonctionné.»
Augmenter la productivité mais pas seulement...
Entre 500.000 et 700.000 palettes sortent annuellement des ateliers de Merdrignac. Moderniser l'outil d'assemblage devenait une nécessité. «Cette ligne nous permet de passer d'une productivité, avec deux salariés, de 50 palettes par heure à 300 palettes. La baisse du coût de montage atteint environ 20%. Mais attention, cette recherche d'efficacité n'a pas été notre seul leitmotiv pour investir autant. L'idée était de pouvoir répondre à une demande de plus en plus technique et personnalisée et dans un temps plus court. Tout en cherchant une alternative au manque de personnel qualifié sur ce type de poste.» Preuve de l'intérêt de cette modernisation, la scierie Hamon rayonne désormais hors du simple marché breton. Elle est par exemple en passe de servir l'ensemble des unités du groupe Lapeyre en palettes de supports d'ouvertures. Parallèlement à ce travail sur les palettes, Michel Hamon n'en oublie pas le reste de la filière. «Certes, le secteur est bataillé et soumis aux crises du bâtiment, mais l'ossature bois pèse toujours 40% de notre chiffre d'affaires. Les projets de développement ne manquent pas car, là aussi, notre positionnement hors standard plaît à nos clients.» Tout comme l'intégration amont, jusqu'à l'exploitation forestière, qui permet à la scierie Hamon de maîtriser ses apports. «C'est l'une de nos forces. Comme notre souhait d'investir continuellement dans nos outils de production. Avant cette enveloppe d'un million, nous avions consacré ces six dernières années plus de 2,8millions d'euros dans l'achat de nouvelles machines de découpe. L'arrivée de l'informatique a par ailleurs été bénéfique.»
Scierie Hamon
(Merdrignac)
P-dg: Michel Hamon
55 salariés
Chiffre d'affaires 2010: 7millions d'euros
02 96 28 41 19