Si ses fondations reposent sur un amas de papiers et de cartons, l'édifice, en perpétuelle croissance depuis plus d'un siècle, est plus proche dans sa structure de l'inaltérable béton armé que du château de carte. Avec un chiffre d'affaires de 51millions d'euros pour 2008, le groupe Schroll, implanté sur treize sites, est aujourd'hui un des acteurs majeurs de la gestion de déchets et du recyclage dans le grand Est. Même si ce chiffre a connu un retrait de 4% par rapport à 2007, lié à la chute du prix des matières premières. Les performances du groupe ont aussi été divisées par deux en terme de résultats. Mais ces chiffres ne sont, de l'avis de Vincent Schroll, co-président du comité directoire du groupe, avec son frère Pascal, «pas significatifs de l'évolution de l'activité».
Décollage dans les années 90
Au fil du temps, l'entreprise familiale, transmise de père en fils depuis trois générations, a étoffé ses services. La chaîne est aujourd'hui complète. «Nous sommes présents de la collecte des déchets dans les entreprises à leur transformation puis à la revente des matières premières recyclées», explique Vincent Schroll. Au-delà des papiers et cartons, activité historique, d'autres déchets sont aujourd'hui également pris en charge par le groupe, des plastiques aux lampes, en passant par les déchets industriels banals (Dib), le bois, les piles.
L'activité de Schroll décolle dans les années 90. «La question du recyclage du papier-carton a alors rejoint des préoccupations environnementales plus vastes qui ont boosté notre activité», constate Vincent Schroll. Deux filiales, Citraval (pendant lorrain de Schroll) et Écobennes (devenu Sirmat suite au rachat de la société strasbourgeoise éponyme), voient le jour dans les années 2000.
Des sociétés spécialisées
Face à l'évolution des obligations réglementaires, et des besoins de ses clients, le groupe développe également certaines de ses activités au sein de sociétés spécialisées (voir encadré). La dernière née - le 1erjanvier dernier - Neutralis, est en charge de la destruction des données confidentielles. 150.000€ d'investissement ont été nécessaires pour réaménager des bureaux, louer un bâtiment et s'équiper en broyeur, navettes de sécurités et véhicules spécifiques.
Cohésion préservée
Malgré ces rachats et créations successifs, la cohésion du groupe a su être préservée. «Nous avons une hiérarchie plus en râteau qu'en pyramide, qui favorise les échanges entre collaborateurs, souligne le co-président. La promotion interne est privilégiée afin de préserver nos savoir-faire et notre culture d'entreprise. Et il y a très peu de turn over. Nous responsabilisons et impliquons les responsables des différents sites en leur laissant une large autonomie». Le groupe, qui compte 378 salariés, traite sur l'ensemble de ses sites 620.000t de déchets, «dont 2/3 de papiers cartons et plastiques en 2007», et en recycle 490.000, soit un taux de recyclage de près de 80%. «Notre objectif est de développer encore ces taux.»
Moteur de développement durable
Schroll souhaite encore affiner les services offerts à ses clients. Une volonté qui se concrétise déjà par de nouveaux services. «Pour améliorer le taux de collecte des déchets, nous avons développé en 2008 des outils de stockages adaptés aux TPE-PME», sous forme de petits containers personnalisables. «Beaucoup de commerçants et artisans ont adhérés à ces outils» se réjouit Vincent Schroll. Même de grandes enseignes ont décidé d'en équiper leurs agences, comme la Poste ou la SNCF. Positionner le groupe comme leader dans le grand Est est une chose. Être moteur de développement durable chez les clients eux-mêmes, en les aidant à optimiser leur tri, en les tenant informés des évolutions de la réglementation en est une autre. Et c'est un des défis que se lance le groupe pour les années à venir.
Le groupe Schroll cherche à se positionner dans le grand Est comme acteur incontournable en matière de collecte et valorisation des déchets, un marché en plein essor.
Adelise Foucault