À la mi-décembre, les dirigeants de sept entreprises de Gironde et des Pyrénées-Atlantiques, pros de la mécanique aéronautique, se sont retrouvés à l'initiative de l'agence de développement industriel 2ADI. Objectif ? Tenter pendant un an d'améliorer leur système informatique pour mieux planifier les flux et, au final, mieux respecter ou réduire les délais.
Une action d'optimisation de la gestion industrielle
Deux entreprises girondines font partie de l'aventure: JPR Cap et Scaso, Service et Construction Aéronautique du Sud-Ouest. Cette dernière, proposée par l'un de ses clients et donneurs d'ordre majeurs, Dassault Biarritz, a sauté sur l'occasion. «On avait déjà pris l'option d'informatiser notre outil de gestion, mais ce projet va permettre de nous booster et d'être en relation plus directe avec notre client. Sans un système informatique, il devient difficile de faire de la planification, d'autant que les clients veulent désormais savoir, non plus où en est la commande globale mais où en est la fabrication de telle ou telle pièce... On sent qu'ils veulent éviter d'une part d'avoir trop de stocks tout en évitant d'être en rupture de stock», constate Bernard Drilhol, directeur de Scaso.
Des sous-traitants «adaptables»
Depuis la création de sa société en 1993, cet ingénieur aéronautique, a eu à coeur de faire progresser son entreprise en douceur tout en jouant justement la carte de l'adaptation. Démarrant dans la tôlerie pour signalisation routière, ajoutant le paramédical, il oriente ensuite, en 1996, sa société vers la construction navale et rajoute, vers 2000, une nouvelle corde à son arc: l'aéronautique, domaine qui représente aujourd'hui 40% de son chiffre d'affaires. Des ateliers de Mérignac sortent désormais des pièces primaires pour l'aéronautique, des ensembles complexes (tableau de bord, consoles de commandes, coffrets, baies...) pour des frégates et des sous-marins militaires, quelques pièces également pour le nautique (3 à 4% du CA) et l'électronique médicale. Parmi ses clients, on compte Dassault, Reims Aviation, EADS, la Direction des constructions navales (DCNS), Couach, CNB... Après avoir investi 400.000 € en 2008 pour l'achat de matériel (poinçonneuse, plieuse, bras Faro) et recruté cinq personnes, Scaso s'attelle désormais à trouver de nouveaux partenariats. «Notre défi, c'est d'essayer de garder nos marchés, en améliorant les délais et la fiabilité de production, justement via ce type de projet porté par 2ADI. Mais, c'est aussi en étant plus imaginatif. Pour nous, cela pourrait passer par des rapprochements avec d'autres sociétés pour la réalisation de sous-ensembles plus complexes intégrant notamment de l'électronique», ajoute Bernard Drilhol.
Spécialiste de l'usinage mécanique dans l'aéronautique et la construction navale, l'entreprise mérignacaise Scaso bénéficie d'une action d'optimisation de la gestion industrielle destinée aux sous-traitants de Dassault.