Inoxydable la Société bretonne de fonderie métallique? Cette entreprise de 110 salariés spécialisée dans la galvanisation va en tout cas investir 17M€ dans la modernisation de son site de la Chapelle-Caro. La dalle d'un tout nouveau bâtiment est au stade de l'achèvement. D'ici 2011, la prochaine usine devrait s'étendre sur près de 8.000m². Une surface légèrement inférieure à la configuration actuelle. Mais plus moderne.
«Fumées encapsulées»
«Nous réflechissons à une nouvelle usine depuis une dizaine d'années», explique Pierre Le Bohec, président du groupe Protector, maison mère de SBG. «Mais nous ne trouvions pas le modèle d'installation qui nous convenait. Nous nous sommes finalement décidés après avoir visité une usine en Autriche. Nous continuerons à ne rejetter aucun liquide, en phase avec les préconisations de la Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement. De plus, toutes les fumées seront encapsulées avant d'être traitées et rejetées. Pour au moins quelque temps, il s'agira de l'usine de galvanisation française la plus moderne.»
Frites et huile bouillante
Installation classée, l'actuelle usine est paradoxalement rongée par la corrosion. En levant les yeux, on peut y observer le manège des ?palonniers? et des tréteaux automatiques. Ces derniers acheminent des armatures de métal au dessus du bain rempli de zinc. Lorsque le métal passe des 10º de la température ambiante aux 440º du bain, le frisson est garanti. Avec comme effet induit de redoutables éruptions de zinc brûlant. Un peu comme lorsque l'on plonge des frites dans de l'huile bouillante. Les salariés peuvent heureusement observer la manoeuvre depuis une sorte de bunker adjacent muni de hublots encrassés.
Grille ou tonne à lisier
Ici, le poids des pièces métalliques traitées oscille de 50 grammes à sept tonnes. Les objets concernés par le traitement au zinc peuvent être des grilles d'entrée pour le bâtiment ou une tonne à lisier de 20.000 litres pèsant 3,2 tonnes. SBG s'approvisionne en zinc via des relais français auprès de fournisseurs australiens (Nyrstar) ou allemands (Metall Dinslaken). Les mines de zinc les plus importantes dans le monde se trouvent en Australie, aux Etats-Unis, en Amérique du Sud, en Chine. A la Chapelle-Caro, les lingots de zinc d'une tonne attendent sagement leur tour à l'air libre. A terme, l'ancienne usine servira pour leur stockage, entre autre.
Intensité capitalistique
La galvanisation est un secteur à fort intensité capitalistique: la construction d'un bain de zinc côûte à elle seule 2M€. «Le ticket d'entrée est élevé dans notre métier», confirme Pierre Le Bohec. «Il l'est moins dans le domaine de la peinture...» A l'exception du Morbihan, chacun des trois sites de galvanisation de Protector est adossé à une unité de peinture. Le groupe a pris dès 2001 ce virage stratégique de diversification en rachetant deux usines de peinture.
Gouvernance atypique
Et s'est distingué dès le milieu des années 90 par une gouvernance atypique. Il est en effet détenu à 90% par 80 salariés. Avec trois collèges: cadres, agents de maîtrise, employés/ouvrier. Lorsque surviennent des ventes d'action au sein d'une catégorie, ce sont les membres du collège concerné qui peuvent les racheter en priorité. IPO, son premier partenaire financier, était sorti de son capital lorsqu'un certain nombre de salariés actionnaires avait voulu acheter d'autres actions. «Dès le départ, les salariés ont souscrit massivement», constate Pierre Le Bohec. «C'est pour moi notre plus grande réussite. Le capital a été ouvert à des gens qui n'auraient jamais eu l'occasion dans leur existence de devenir actionnaires.»
Spécialiste de la galvanisation, soit le traitement du métal par du zinc, la SBG investit un montant important dans la modernisation de son site de La Chapelle-Caro. SBG fait partie de Protector, groupe implanté en France sur la façade atlantique nord et détenu à 90 % par ses salariés.
Nicolas Mollé