Santé des entreprises : Des dépôts de bilan en hausse de 50%
# Conjoncture

Santé des entreprises : Des dépôts de bilan en hausse de 50%

Si début 2008, les commissaires aux comptes de Lorraine observaient une situation à peu près normale malgré l'inquiétude des entreprises, la fin de l'année s'avère beaucoup plus problématique.

«Au début de l'année, les bilans 2007des entreprises étaient à peu près corrects, note Richard Renaudin, président de la compagnie régionale des commissaires aux comptes de Lorraine. Mais les entreprises étaient déjà inquiètes sur leurs perspectives.» Quelque temps plus tard, les banques ont commencé à marquer un attentisme plus poussé sur les dossiers. «Cela a touché d'abord les TPE et les PME qui ont vu des refus à leurs demandes de crédits ou d'encours.» C'était juste avant que la situation prenne le nom de crise. «Cet été, nous avons vu le monde bancaire se rigidifier et des incidents survenir dans les entreprises, comme des impayés.» Alors que dans le même temps, les affaires chutent.




Le BTP au premier rang

Déjà, dans le baromètre de la conjoncture du premier semestre, réalisé par l'Observatoire des entreprises lorraines, le solde d'opinion concernant l'environnement économique ressenti par les patrons était négatif pour la première fois depuis quatre ans. «L'effet de ralentissement était présent avant la crise financière», confirme Khaled Zainine, rédacteur de l'enquête. Notamment dans le BTP et le commerce. «On a vu le nombre de dépôts de bilan progresser de 20% en Lorraine, selon le tribunal de commerce. Je ne dirais pas qu'il y a une réelle accélération, car les patrons continuent de se battre», déclare Richard Renaudin. L'Insee note que la hausse de dépôts de bilan est particulièrement forte en Meurthe-et-Moselle:+50% sur un an, dès le 1ertrimestre. Soit 132défaillances d'entreprises contre 88au 1ertrimestre 2007. «Le bâtiment se trouve au premier rang quand il y a une crise, comme l'industrie, plus ouvert sur l'international que les autres secteurs», constate Khaled Zainine.




Pas de perspectives 2009

«Il semble que les mesures gouvernementales puissent redresser la conjoncture. Les banques vont faire un effort. Mais cela ne permettra pas un mouvement normal», reprend Richard Renaudin. Les commissaires aux comptes observent que les trésoreries des entreprises restent figées, qu'il est difficile de monter un dossier auprès des financeurs. «Je ne sais pas quelles seront les perspectives pour 2009. Il y a trop de nouvelles donnes dans cette crise.» Comme l'impact qu'auront les pays émergents sur la situation mondiale ou encore ce que va impliquer le développement du niveau de vie en Europe de l'Est. «Je crois que tout va dépendre du contexte international. Le rétablissement du marché reste une donnée importante pour l'avenir.» En attendant d'y voir plus clair, Richard Renaudin souligne qu'il est important de prendre des mesures préventives. «Si une entreprise fait encore du chiffre d'affaires, on peut l'aider. Mais s'il n'y a plus aucun ressort, on ne peut rien faire. Il est important d'anticiper au maximum les problèmes en prenant contact avec son conseil ou le tribunal.»

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