Le groupe pharmaceutique français a investi 87M€ en trois ans sur son site du Trait pour permettre un doublement de sa capacité de production. Sa présence au Trait pour l'inauguration des nouvelles installations du site de Sanofi-Aventis était à elle seule un signe fort. Et Chris Viehbacher, directeur général du groupe pharmaceutique français depuis à peine plus d'un an, l'a admis d'emblée: «Le Trait est un site extrêmement stratégique pour le groupe en France». Un site spécialisé dans la production de produits stériles et injectables de très haute technicité, qui fêtait en décembre ses quarante ans d'existence.
Anticiper la concurrence des génériques
Décidé il y a quatre ans, l'investissement consenti par le groupe (87M€) permet au site normand de doubler sa capacité de production de seringues préremplies pour répondre «aux besoins croissants du marché» pour le Lovenox, le produit phare de l'usine du Trait utilisé dans le traitement préventif des thromboses (caillots sanguins qui se forment dans les vaisseaux). Le site en produit chaque année près de 230millions d'unités. Mais il offre aussi au Trait la possibilité de se positionner sur d'autres productions, comme depuis décembre un vaccin contre la méningite du nourisson destiné au marché japonais, ou encore dès 2010 le vaccin antigrippal Intanza. Et si l'enjeu est stratégique pour le site, il ne l'est pas moins pour le groupe qui anticipe pour 2012 la disparition de près de 20% de son chiffre d'affaires du fait de la «générification» de produits comme le Lovenox. «A termes, 80% de sa production dans le groupe est menacée par l'arrivée éventuelle de génériques», estime Chris Viehbacher. L'investissement sur le site du Trait doit donc lui assurer «plus de polyvalence» dans la perspective d'un business des vaccins en forte croissance», explique le dg du groupe pharmaceutique.
Guillaume Ducable