L'événement ne se déroule que sur une semaine. Mais il accumule à chaque édition les records, jouant sur la vitalité d'un secteur qui ne cesse jamais d'innover et sur la fascination exercée sur chacun d'entre nous par tout engin qui s'affranchit des lois de la gravité. Pour la 50e édition en 2013, 139.273 professionnels et 176.299 visiteurs ont parcouru le Salon International de l'Aéronautique et de l'Espace du Bourget afin de découvrir quelque 150 aéronefs, au sol ou dans les airs. Par un stand ou une délégation, une centaine de pays était représentée. « C'est un moment important pour la filière, mais pas seulement », souligne Bernard Morel, vice-président du Conseil Régional. « Il faut aller au Bourget, en particulier les jeunes, pour découvrir la diversité des métiers liés à l'expansion de cette industrie dans le monde entier. Quant à notre territoire, il se doit de valoriser ses entreprises, ses projets et son foncier à vocation économique ». En 2013, la Chambre régionale de commerce et d'industrie Paca-Corse avait soutenu le pôle de compétitivité Pégase. Partenariat non renouvelé cette année, à l'exception de la CCI du Var. Le Conseil régional appuie donc financièrement l'opération pour 24 sociétés, dont la moitié exposera pour la première fois.
Nouveaux marchés
Première filière industrielle régionale, avec un chiffre d'affaires de 5,5 mds€ et 35.000 emplois (source : Préfecture de Région), l'aéronautique compte sur le territoire des leaders tels que Airbus Helicopters, Thales Alenia Space, Dassault Aviation, Snecma (Safran), Daher... et des centaines de TPE/PME. « Si d'autres régions sont plus leaders que la nôtre, la diversité de nos secteurs industriels et de services permet de concevoir et développer des solutions intégrées, que ce soit pour des engins qui volent, roulent, naviguent ou rampent... Les pôles Risques, Mer et Optitec seront également sur le stand pour porter cette vision », explique Sarah Kirman, directrice du pôle Pégase. Dans cet esprit, le pôle a prévu des animations tout au long de la semaine pour créer une effervescence qui favorisera la promotion des attraits et spécificités de Paca. Au programme : solutions spatiales, aérosurveillance pour la sécurité, usine étendue du futur avec le projet Henri Fabre, facteurs humains et réalité virtuelle ou encore un sujet qui peut sembler "archaïque" alors qu'il ouvre de prometteuses perspectives : les dirigeables. Chef de file national de la Solution Industrielle "Transports de Demain", André Soulage rappelle que le pôle Pégase s'implique depuis huit ans sur le dossier. Il avait édité un Livre Blanc pour en détailler les potentialités. « Un dirigeable évite de construire de lourdes infrastructures pour le transport de charges lourdes dans des zones isolées, confie-t-il. Il peut permettre une exploitation du bois dans des forêts jugées inaccessibles. Nous avons validé le modèle économique avec la société Flying Whales et l'Office National des Forêts. Des investisseurs chinois sont intéressés. L'ancien site Mercure à Istres serait la plate-forme appropriée pour lancer le projet, d'ici à fin juin. À dix ans, c'est un marché de près de 2 mds€ par an ». Une autre piste concerne les plates-formes stratosphériques pour héberger, à 20 km au-dessus de la Terre et à un coût inférieur aux satellites, des infrastructures de communication, de sécurité ou d'observation. Thales Alenia Space y travaille avec son Stratobus.
Consolidation et espoirs
À côté des douze sociétés des Bouches-du-Rhône, des 9 du Var, des 2 du Vaucluse et de l'unique société azuréenne, le salon permettra également à Inovsys, chargée de gérer la plate-forme mutualisée R & D du secteur, de préciser l'intérêt de solliciter ses conseils et ses équipements pour monter en compétence, en mécanique, matériaux et services avancés. La croissance mondiale des géants de l'aéronautique impacte positivement la chaîne de fournisseurs et sous-traitants. Mais elle leur impose également une adaptation de leurs outils et pratiques pour suivre la cadence. « Inovsys peut aider des TPE et PME à résoudre plus rapidement leurs problématiques pour répondre à ces exigences et élargir leurs marchés », indique Vincent Lambert, son président. Celles qui ont fait le choix de consacrer temps et argent au Bourget prennent un coup d'avance, dans l'espoir d'entrer en contact avec de futurs donneurs d'ordres français et étrangers. « Nous sommes prêts à exporter nos logiciels de maintien en conditions opérationnelles d'aéronefs. Cette première participation au salon devrait nous y aider », confie Véronique Giachin, directrice générale d
'ADMS, implantée sur le Technopôle Pégase à Avignon.
La Mesure sur Mesure, à Aix, y va avec une caméra autonome en énergie, embarquée sur un avion. Fabricant de drones, l'Aixoise
Novadem s'y rend avec une tourelle gyrostabilisée compacte pour capter des images de jour comme de nuit en mission de reconnaissance. Quant à
Nexvision (30 personnes à Marseille), elle « a réalisé le système de vidéosurveillance interne de l'A380. Ce sera notre 1er Bourget. Nous y allons avec des références et des solutions », assure Laurent Ammazini, son porte-parole.
Le Salon du Bourget est le plus grand événement mondial de la filière aéronautique, spatial, défense. Avec l'appui du Conseil régional, le pôle de compétitivité Pégase réunira sur son stand 24 PME du 15 au 19 juin. Pour montrer que l'aéronautique se décline ailleurs qu'en Ile-de-France ou Midi-Pyrénées.