La ligne aérienne Saint-Étienne - Porto, mise en place en septembre dernier par Ryanair, n'est pas dédiée exclusivement à la communauté portugaise. C'est en tous cas le message que tente de faire passer la CCI de Saint-Étienne/Montbrison. «Cette ligne a un fort potentiel de développement touristique mais aussi économique», assure son président André Mounier.
Soucieux de favoriser le développement de liens économiques entre Loire Sud et la région de Porto et Braga, le président de la CCI a conduit récemment une mission économique au Portugal. Qualifiée de «mission de défrichage» par Patrick Schaeffer, directeur général du développement économique de la CCI, elle a surtout permis de connaître et se faire connaître des pôles de compétitivité, clusters et filières de Porto et sa région. Accompagné d'élus et délégués de la CCI, André Mounier est allé à la rencontre du Portugal Food (40 entreprises spécialisées dans l'agroalimentaire), du Health Cluster Portugal (premier pôle de compétitivité portugais dédié à la santé), de l'International Iberian Nanotechnology Laboratory (créé conjointement par le Portugal et l'Espagne) et des associations du textile et habillement (730 entreprises), des industries du bois et mobilier portugais et de celle des commerçants et entrepreneurs de Braga (3.000 adhérents). Un premier contact ô combien nécessaire au vu de la méconnaissance des institutions portugaises des atouts de notre territoire. Comment expliquer par exemple que Saint-Étienne, «capitale française du design» soit parfaitement inconnue de l'association des industries du bois et du mobilier du Portugal, qui expose sur les plus grandes places européennes... mais pas à Saint-Étienne! Une méconnaissance que le président de la CCI s'est attaché à rectifier en faisant la promotion de notre territoire. «Les principaux acteurs économiques portugais sont désormais prêts à échanger, à conventionner avec nous. Nous avons l'intention de mettre en place une véritable politique d'échanges économiques. Je vais d'ailleurs créer une commission de travail et je compte bien inviter l'ensemble des présidents des pôles portugais lors de la prochaine biennale du design», commente André Mounier.
Collaborations à tisser
Développer les liens entre les pôles portugais et ceux de notre territoire, tel est donc l'enjeu pour les mois à venir. Magali Reynaud, chargée de veille et relations internationales au sein du Pôle des technologies médicales (PTM), en a bien conscience. «Développer notre réseau international est la condition pour participer à des programmes européens. Aujourd'hui, nous avons quelques partenaires en Finlande, en Angleterre, en Autriche, en Italie, mais pas au Portugal. Le cluster santé portugais pourrait être un partenaire idéal. Il y a des collaborations à tisser notamment sur le maintien à domicile et sur les dispositifs médicaux», lance-t-elle. Et de poursuivre: «Le Japon et les USA sont des marchés énormes mais pas toujours abordables pour nos PME. Le marché portugais, plus proche, peut-être une piste à explorer». Dans la Loire, certaines entreprises en sont déjà convaincues, à l'image de Verney-Carron, premier fournisseur de Tasers au Portugal, ou de SNF, Jabouley et Haulotte qui disposent d'une filiale industrielle ou commerciale sur place. D'autres pourraient suivre prochainement et bénéficier ainsi de l'ouverture programmée d'un troisième vol hebdomadaire Saint-Étienne - Porto (le vendredi).
La Ligne aérienne Saint-Etienne - Porto n'est pas dédiée à la communauté portugaise. La CCI qui défend sa vocation économique entend bien développer les échanges entre les deux régions.