«Cela débouchera inévitablement sur des dépôts de bilan. Personne ne pourra dire, à ce moment-là, qu'il ne savait pas!» Président du club des hôteliers de la baie de Saint-Brieuc, Philippe Martin, patron du Clisson, ne cache pas son inquiétude. «Tout est parti d'une discussion en centre-ville. La personne en face de moi était persuadée que les hôtels briochins, vus les discours actuels sur le manque de chambres dans l'agglomération, vivaient confortablement. C'est une idée reçue incongrue que nous souhaitons dénoncer.»
Des fréquentations de l'ordre de 40%
Chiffres à l'appui - la base Morgoat de la fréquentation hôtelière, pilotée par Côtes-d'Armor tourisme -, les professionnels confirment que 155.000 chambres étaient libres en 2011, soit un taux d'occupation moyen de 56%. «Et encore, ces données cachent des disparités extrêmement violentes entre établissements. La plupart tournent davantage aux alentours de 40%, ce qui n'est économiquement pas viable notamment quand, dans le même temps, des investissements majeurs sont réalisés.» En effet, contraints par la loi, le parc hôtelier français doit se mettre aux normes en terme de sécurité et d'accessibilité. «Et à cela se rajoutent les investissements continus pour améliorer le confort des clients, offrir davantage de services.»
Des études de marchés... introuvables
Et les nombreux projets de nouveaux hôtels à venir ne sont pas de nature à rassurer Philippe Martin qui confirme que cette sonnette d'alarme est tirée à l'unanimité par tous les membres du club. «On parle de projets très haut de gamme sur Charner, sur Brézillet, au Légué, aux Rosaires, etc. Tout cela pour préparer l'arrive de la LGV en 2017. Mais, 2017 c'est dans cinq ans et en attendant, nous, professionnels, notre quotidien se durcit sans que le gâteau commercial ne grossisse.Les journées où nos hôtels sont complets sont de moins en moins nombreuses. Imaginez, l'an passé, pour le Tour de France, plusieurs d'entre nous avaient encore des chambres à louer!» Le club des hôteliers dénonce notamment les discours «des institutionnels et décideurs politiques du département, confortés par des études de marché auxquelles nous n'avons jamais eu accès, et qui démontreraient à l'évidence le bien-fondé de ces projets, jouent un rôle incitatif et moteur pour favoriser l'émergence de ces nouveaux hôtels.» Sans vouloir créer la polémique, les professionnels de l'hôtellerie briochine lancent un pavé dans la mare qui risque de faire grand bruit. «Il en va de la survie de la trentaine d'établissements présents sur notre territoire.»
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Débat Le club des hôteliers dénonce les discours actuels d'une sous-capacité de l'offre hôtelière briochine.