Les pôles de compétitivité Pégase et Risques ont annoncé le 8 décembre 2015 leur intention de fusionner pour donner naissance à Safe, acronyme de Security and Aerospace Actors for the Future of Earth. Avec près de 600 membres, le nouvel ensemble constitue le plus grand pôle de compétitivité de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Pégase et Risques envolés...
Les deux pôles de compétitivité ont officialisé leur union le 18 décembre au palais des festivals de Cannes en présence de quelque 250 invités. Désormais, tous deux sont regroupés sous l'entité Security and Aerospace Actors for the Future of Earth (Safe) que présidera Michel Fiat, directeur des opérations d'Alcatel Alenia Space. Sur les 600 membres (280 membres étant autrefois rattachés au Pôle Risques et 325 réunis au sein de Pégase), seuls 20 étaient présents dans les deux structures, universités et laboratoires de recherche majoritairement.
Sécurité globale
Safe sera le seul pôle de compétitivité français dédié à la thématique de la sécurité globale, une filière qui affiche une croissance annuelle de 5% au niveau mondial. « Notre ambition consiste à devenir le cluster de référence en assurant une représentation nationale et européenne. Safe a pour vocation d'animer la communauté des membres et de faire en sorte que nos PME se développent pour créer de la valeur et des emplois. Nous devons décloisonner nos approches et faire en sorte que les projets d'innovation se transforment en produits pour conquérir des marchés. Nous sommes complémentaires au pôle Pégase. Tous les risques technologiques et naturels sont présents sur l'arc méditerranéen, dans les régions Paca et Languedoc-Roussillon. Nous devons développer une culture du risque afin qu'elle soit considérée comme une opportunité de développement », fait valoir le directeur du pôle Risques, Sébastien Giraud. Désormais directeur de Safe dans le cadre de la nouvelle gouvernance, il rappelle que les PME adhérentes à un pôle réalisent un chiffre d'affaires supérieur de 7%. « Nous avons également l'ambition de consolider 16.000 emplois sur nos filières en 2018 », ajoute-t-il.
Réduire les frais généraux et créer de la valeur ajoutée
Pour Sarah Kirman, directrice du pôle Pégase, ce rapprochement répond à une complémentarité entre, d'un côté, les moyens et, de l'autre, l'intervention dans un environnement contraint : « Au sein du Pôle Pégase nous proposons des engins, qu'il s'agisse de dirigeables, de drones, ou d'hélicoptères pour intervenir dans des domaines que nous ne connaissons pas comme par exemple la surveillance des digues, la détection des maladies des vignes, le déclenchement d'avalanches. Nous nous rapprochons d'un pôle dont c'est le métier. La fusion aura un effet majoré de 10% sur la création de valeur ajoutée et d'emplois. Elle permettra d'offrir des solutions complexes. Par exemple, nous pouvons proposer de la surveillance des frontières en déployant des hélicoptères, des drones et des navires », explique la nouvelle directrice adjointe de Safe. Le rapprochement des deux pôles répond également aux contraintes budgétaires des établissements publics. « Les collectivités locales nous demandent d'être efficients et de rationnaliser nos dépenses avec des moyens contraints. La fusion devrait contribuer à réaliser une économie de 10% sur les frais généraux », admet Sébastien Giraud qui dirige une équipe de 25 personnes. Safe qui fonctionnera avec un budget annuel de 5 millions d'euros est en effet financé à parité par des fonds publics (Etat et collectivités) et privés (cotisations des adhérents, prestations). Depuis l'origine, les pôles Pégase et Risques ont contribué à créer 7.000 et 4.000 emplois respectivement. Pégase a vu le jour en 2007, à l'initiative de Thales Alenia Space et d'Airbus Helicopter. Outre les travaux sur la filière aéronautique, Pégase planche sur les industries du futur. «Nous développons un ballon stratosphérique et une filière dirigeable portant sur le transport de charges lourdes. Avec la hausse du prix des énergies fossiles, le dirigeable redevient concurrentiel », explique Sarah Kirman, qui souhaite notamment ancrer cette filière sur la base aérienne d'Istres pour réaliser les essais. «Nous avons besoin de bâtiments très longs et hauts de 50 m. Ces hangars abritaient autrefois les Dassault Mercure», poursuit-elle. Depuis sa création, Pégase a contribué à financer 116 projets et permis de lever 140 millions d'euros d'aides publiques. Créé en 2005, le Pôle Risques s'appuie sur les régions Paca et Languedoc Roussillon. Sur les 280 adhérents, 67% sont des PME voire des TPE. Le pôle Risques, de son côté, a accompagné 125 projets depuis sa création. Il a permis aux entreprises adhérentes de décrocher 89 millions d'euros d'aides publiques.
Laurie Maneval
Les pôles de compétitivité Pégase et Risques viennent de donner naissance à un nouvel ensemble, le plus grand pôle de compétitivité de Paca, Safe : Security and Aerospace Actors for the Future of Eart, regroupant près de 600 membres.