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Rouen : Le contournement Est, entre espoirs et incertitudes
Rouen # Politique économique

Rouen : Le contournement Est, entre espoirs et incertitudes

Les difficultés de circulation dans la ville-centre ne sont pas une nouveauté à Rouen. Les infrastructures nécessaires pour désengorger la ville se font toujours attendre.

La sortie du maire de Rouen, Yvon Robert, dénonçant le 5 décembre dernier les embouteillages dans sa ville, a pu surprendre quelques-uns de ses administrés qui reprochent le plus souvent à la ville ainsi qu'à l'agglomération d'être directement responsables desdits embouteillages... La réaction du successeur de Valérie Fourneyron pointe néanmoins un enjeu profond et durable de la vie rouennaise. Dans l'esprit du premier magistrat de la ville, c'est l'A150 qui relit la capitale régionale à la commune de Barentin, en direction d'Yvetôt, qui est directement responsable des désagréments subis quotidiennement par les automobilistes rouennais. Une liaison particulièrement accidentogène sur laquelle ont été enregistrés pas moins de « 98 incidents significatifs, soit une moyenne de 8 à 9 accidents par mois, qui ont tous des conséquences sur la qualité du trafic dans Rouen », fustige Yvon Robert.




Le pont Mathildedoit rouvrir en juillet 2014

« Rouen ne peut pas vivre dans la crainte quotidienne qu'un accident survienne et congestionne la circulation en ville... », a fortiori depuis la fermeture du pont Mathilde en octobre 2012. Une artère qui voyait transiter chaque jour quelque 80.000 véhicules qui se sont depuis reportés sur d'autres axes aujourd'hui saturés. En attendant sa prochaine réouverture à la circulation programmée pour juillet 2014.Quoi qu'il en soit, la solution pour la ville comme pour l'agglomération (CREA), dirigée par le maire de Petit-Quevilly Frédéric Sanchez, tient en deux mots : Contournement Est ! Une arlésienne vieille de plus de trois décennies qui rythme la vie publique locale au gré des allers-retours d'un État hésitant car largement impécunieux. Le projet qui consiste à relier l'A28 au Nord de l'agglo à l'A13 en provenance de Paris a connu un premier débat public en 2005 qui a permis aux opposants de se manifester. Les écologistes en tête, rejoints par les maires d'une quinzaine de communes concernées par le futur tracé dont les grandes lignes ont été arrêtées par les services de l'État. Une chose est sûre, il n'y aura pas de second débat public. Ainsi l'a décidé la Commission nationale du débat public (CNDP).




L'impasse sur Seine-Sud ?

Un choix qui irrite certains élus locaux, à Oissel ou Saint-Etienne du Rouvray, notamment, où l'on voit s'éloigner la perspective de développer la future zone d'activité Seine-Sud pour laquelle des sommes importantes ont déjà été engagées en termes d'études. Quant au budget prévisionnel, il avoisinerait aujourd'hui le milliard d'euros. La fin des incessants passages de convois exceptionnels dans le centre-ville n'est donc pas pour demain !




Inaccessible Pont Flaubert

Sur le front des travaux, avec tout autant d'incertitude, se jouera également dans les mois qui viennent l'avenir d'un autre dossier emblématique, celui des accès au pont Flaubert. Un ouvrage inauguré voilà un peu plus de cinq ans et dont la faiblesse actuelle des accès, tant rive gauche que rive droite, limite fortement la valeur ajoutée en termes de désengorgement du centre-ville. Le chantier, dont les premiers travaux pourraient démarrer en 2016, est estimé à près de 200 millions d'euros. Le ministre Frédéric Cuvillier en visite à Rouen s'était engagé en février dernier à ce que l'État en prenne en charge la moitié !



Guillaume Ducable

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