Riou Glass : Pourquoi reprendre AIV à Fougères
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Riou Glass : Pourquoi reprendre AIV à Fougères

Pour renforcer sa présence sur le grand Ouest, Riou Glass (CA : 175 M€), spécialiste normand de la transformation du verre plat, a repris l'usine bretonne de transformation AIV (11 millions d'euros de CA) au belgo-japonais AGC. Des innovations et 4,5 millions d'euros d'investissements y sont attendus.

L'enseigne arborait déjà fièrement les couleurs AIV-Riou à Fougères, à peine la reprise effectuée. Le groupe normand Riou Glass étudiait ce dossier depuis un an... Une année de tractations pour tomber d'accord avec le groupe belgo-japonais AGC, au départ assez gourmand mais finalement désireux de se désengager de cette usine bretonne de transformation du verre en déficit chronique depuis plusieurs années et devenue quelque peu encombrante dans une stratégie mondiale. L'outil de production d'AIV (11 millions d'euros de CA) a même failli partir en Afrique du Nord. « Un terrain d'accord a été trouvé et AGC nous a même favorisé la reprise », analyse-t-on dans l'entourage de Pierre Riou.

Déjà cinq sites dans l'Ouest

C'était sans compter sur la ténacité de ce patron charismatique, originaire des Côtes-d'Armor, et sur ses convictions de maintenir un outil industriel en France. « Normand d'adoption », cet autodidacte préside le nº2 français du verre (derrière Saint-Gobain) : un groupe indépendant et familial à son nom, de plus d'un millier de salariés, dont le siège est basé à Pont-Audemer dans l'Eure (175 millions d'euros de CA, + 4 % en 2016). Fougères est son 19e site de production en France jusqu'à La Réunion. Son dernier rachat remontait à fin 2015 du côté de Nancy (société VIE) lui ouvrant les portes de ce territoire de l'Est où il n'était pas présent. Dans le grand Ouest, avant le rachat d'AIV, Riou disposait déjà de cinq usines. En quoi ce nouveau site breton de 63 emplois et d'une dizaine d'intérimaires repris était-il donc si important et stratégique ? AIV représente 8.000 tonnes de verre transformés par an, soit 10 % de la production actuelle de Riou Glass qui dispose d'une capacité de 90.000 tonnes grâce à un four partagé avec Saint-Gobain au sud de Lyon. « Notre entreprise familiale compte 20 métiers. Nous avons des produits différents... Je rachète ici un savoir-faire de produits que je n'avais pas forcément, notamment dans le secteur para-automobile, soit les véhicules roulants à moins de 45 km/h de type tracteur, mobile-home..., confie Pierre Riou. Nous sommes déjà très implantés dans l'Ouest, mais cette usine ne peut que nous aider. »

Gamme et clientèle élargies

Son nouveau directeur Laurent Aubrin, âgé de 54 ans et arrivé dans le groupe Riou il y a un an, va piloter le site de Fougères : « AIV a des métiers et une expertise qui nous intéressent beaucoup dans le verre trempé, la sérigraphie et le façonnage, précise-t-il. Nous allons pouvoir développer ces produits sur place, complémentaires des nôtres. Nous allons innover en lançant de nouveaux produits comme le vitrage isolant-chauffant CalorGlass - la plus belle innovation de ces dix prochains années selon son patron -, mais aussi les radiateurs en verre, le verre pare-balles en automobile pour l'armée... Nous avons aussi les agréments pour le nautisme. » On parle aussi d'un plateau de bureau en verre avec clavier d'ordinateur intégré. « Une production vouée à AIV », annonce Pierre Riou. Des innovations et productions aujourd'hui normandes qui pourraient en effet trouver leur place à Fougères. Des machines y sont déjà prévues en mai : 500.000 euros sur un plan d'investissement plus conséquent... « Je prévois un investissement de 4,5 millions d'euros sur AIV ces deux à trois prochaines années », note Pierre Riou qui investit en moyenne trois millions d'euros par an dans son outil. « Nous avons également des leviers stratégiques en termes de tarifs », ajoute Laurent Aubrin. Le catalogue commercial de Riou Glass va s'étoffer dans l'Ouest avec une gamme élargie. La palette de clients d'AIV intéresse aussi Riou Glass. Ils s'appellent Manitou, Claas, la SNCF, etc. La moitié dans l'automobile et para-automobile ; l'autre moitié dans le bâtiment.

Une extension envisagée

« Nous avons tous en mains le destin d'AIV ! », a lancé Pierre Riou à ses salariés fougerais rencontrés le 16 janvier, soit trois jours après la signature de ce rachat. Un projet d'extension du site de 11.000 m² est même d'ores et déjà envisagé. « Vous pouvez vous étendre et mener un projet tout à fait conséquent », l'a rassuré le maire de Fougères, à ses côtés.

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