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Rhône : MSD France : une stratégie de vente assise sur les données et l'influence
Lyon # Santé

Rhône : MSD France : une stratégie de vente assise sur les données et l'influence

En mettant fin à la coentreprise qui l'unissait à Sanofi-Pasteur, le laboratoire US reste à Lyon et amorce un virage pour vendre mieux et plus.

Leur route se sépare, et sans doute pour le meilleur. Les laboratoires pharmaceutiques MSD France (1,3Mds d'euros dont 50 millions d'euros pour les vaccins) et Sanofi Pasteur ont acté le 2 janvier dernier la fin de la joint-venture qui les unissait depuis 23 ans. Cette coentreprise à 50/50 leur a permis de vendre en commun leurs vaccins dans 19 pays d'Europe, générant en 2015 un chiffre d'affaires de 880 millions d'euros.

Vers les data

L'Américain Merck&Co (MSD en France) a cependant décidé de rester à Lyon et d'implanter son activité vaccins pour l'Europe à Lyon, au coeur du Biodistrict (Gerland), dans un immeuble de 4000 m² qui accueille les 200 salariés de la nouvelle entité. Un groupe "Europe" de quarante salariés est d'ailleurs dédié à la commercialisation vers l'Europe. Ce divorce à l'amiable répond à une volonté de Cyril Schiever, président de MSD France et de MSD Vaccins de tourner l'entreprise vers la digitalisation et le traitement des données de santé. « C'est ce qui nous a conduit à vouloir récupérer nos vaccins » indique le dirigeant. MSD France, en cours de recrutement d'environ 30 personnes, veut être en capacité de mettre à disposition de la communauté scientifique et des prescripteurs de ses produits (pédiatres, gynécologues, oncologues, médecins généralistes) des données « populationnelles » précise Cyril Schiever. Qui s'explique. « Nous pensons que demain les médecins utiliseront les data (données) pour mieux connaître la santé de la population dont ils sont en charge. Son état de santé générale, ses caractéristiques, sa couverture vaccinale, ses risques à 3/5 ans... Ces informations prendront de plus en plus d'importance » indique le dirigeant qui développe différentes collaborations y compris avec les start-up pour mettre au point ce nouveau service de médecine prédictive.

Processus global

Autre axe pour booster les ventes de ses neuf vaccins (tels que Gardasil ou Varivax) : accroître l'effort de pédagogie de ses visiteurs médicaux, qui forment un tiers de ses effectifs. « Le médecin n'a pas assez de temps pour se former. Or dans un contexte de grande défiance en France envers la vaccination, nous allons engager les professionnels de santé à travailler de façon globale, montrer que le vaccin s'insère dans un processus global de santé publique » prédit Cyril Schiever. Qui n'indique ni le montant des investissements consentis pour ces deux axes de développement, ni la croissance du chiffre d'affaires qui en découlerait.

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