Cette discrète PME, créée en 1947 - spécialisée dans le repoussage, l'emboutissage, le pliage ou encore le façonnage de tube, - affiche de nouvelles ambitions... grâce à l'industrie aéronautique, déjà le deuxième marché (après l'imagerie médicale) de ce sous-traitant membre du cluster EDEN. « Notre stratégie aujourd'hui est d'asseoir notre rentabilité », résume Jean Agnès, P-dg de Gabialex depuis plus de 30 ans, par ailleurs ancien président de la CCI de Lyon de 2000 à 2004. Et l'homme, pour cela, de dessiner une nouvelle stratégie de croissance depuis l'obtention récente de la norme EN9100 de qualité européenne de l'aéronautique et du spatial. « Ce secteur doit devenir le pilier de développement de Gabialex. Depuis que nous avons obtenu la norme EN9100, les donneurs d'ordre du secteur nous consultent d'ailleurs plus facilement », se réjouit-il. À l'instar de Airbus, dont une équipe a visité les locaux de Gabialex en avril dernier. Une première alors que la PME travaille de longue date pour le constructeur pour lequel elle fournit des systèmes de refroidissement de freins. « Nous élaborons aussi, sur cahier des charges, des nez d'avion à hélices pour certains appareils ATR [coentreprise d'Airbus et de l'italien Finmeccanica, NDLR] », précise le dirigeant.
Marché haut de gamme
Spécialisée dans les pièces de révolution (ou pièces cylindriques) - principalement à base d'alliages de nickel - la structure fournit également les acteurs de l'agroalimentaire, ceux de l'énergie à haute et très haute tension et ceux de la Défense (les équipes de Gabialex travaillent notamment sur des dispositifs - des amortisseurs de tables par exemple - qui annulent les bruits dans les sous-marins français). « Nous faisons également, à la demande, des pièces de design pour des créateurs », complète Jean Agnès pour qui l'urgence comptable aujourd'hui est de faire le tri dans le CA (4,5 M€ en 2015, constant vs 2014) de l'entreprise. « Nous avons pu accepter ces dernières années certains marchés qui se sont avérés chronophages en hommes et en compétences et peu rentables ». Alors qu'elle réalise 20 % de son CA à l'export direct (principalement en Europe de l'Ouest), l'entreprise veut également « s'impliquer davantage dans son système d'organisation », dixit son P-dg. « Ce qui passe par plus d'investissements dans le contrôle qualité alors que nous évoluons sur des secteurs de plus en plus exigeants. Nous avons d'ailleurs récemment embauché un ingénieur en charge de ces questions ». Frappée de plein fouet par la crise de 2008 - « notre CA a fondu de 30 % l'année suivante », se souvient Jean Agnès - Gabialex retrouve des couleurs. Mieux : la PME entend monter en gamme. « Nous cherchons, sur le front de la R & D, à aller plus loin dans les sous-ensembles que nous fournissons à nos clients », ajoute-t-il. De façon à proposer sur tous ces marchés haut de gamme des pièces industrielles plus techniques encore.
Gabialex
(Rillieux-la-Pape) P-dg : Jean Agnès 45 salariés CA 2015 : 4,5 M€ www.gabialex.com