Avec 250 millions d'euros d'investissements programmés sur 2016 (330 M€ en 2015), le numéro 1 mondial de la production de floculants pour le traitement de l'eau et la récupération assistée du pétrole (résultat net de l'ordre de 6 %) est probablement le plus gros investisseur du département, après Casino. « La stratégie de SNF est claire : la majeure partie du cash flow est réinvestie. En recrutements ou dans les usines », précise Pascal Remy, P-dg de l'entreprise. Le groupe est détenu par un des deux fondateurs de l'entreprise, René Pich, et par sa famille. Petit inventaire à la Prévert de ces 250 millions injectés en 2016 par SNF dans son développement aux quatre coins de la planète : Brésil, Russie, Chine, Angleterre mais aussi en France.
En France « Nous allons investir entre 40 et 50 millions d'euros cette année sur notre site d'Andrézieux-Bouthéon. C'est la cadence habituelle... Nous allons construire une nouvelle ligne de production de polymères poudre pour le marché papier municipal. Nous venons également de lancer les travaux pour l'extension du bâtiment hébergeant les bureaux administratifs et la recherche & développement, soit 2.000 m² supplémentaires », détaille Pascal Remy avant de préciser : « pour ces investissements, nous bénéficions d'une des seules mesures intéressantes mises en place par ce gouvernement : le suramortissement Macron. Cela nous fait économiser 12 % du montant des investissements, c'est une bonne mesure. Il ne faut pas oublier qu'en France, toute la marge s'envole dans les charges et les impôts de production. Au final, nous investissons en France cinq fois le cash généré. Ces investissements sont donc financés par l'argent dégagé notamment aux États-Unis et en Chine ».
Aux États-Unis
SNF va investir, en fin d'année, 80 millions de dollars dans la construction d'une unité de fabrication de monomères sur son site de Plaquemines. « Il s'agit de polymères résistants à de hautes températures. Ils seront utilisés sur les champs de pétrole. Jusqu'à présent, nous achetions ces produits. En investissant dans nos propres outils de production, nous aurons un retour sur investissement très rapide, en trois ans seulement ». Une trentaine de personnes seront recrutées, dès la fin de l'année sur cette nouvelle unité.
En Angleterre
Une nouvelle usine démarre cette année, destinée principalement à la production d'émulsions pour le marché anglais. 40 M€ avaient déjà été investis en 2015 dans sa construction. 30 autres millions vont être injectés en 2016 pour terminer le site.
En Russie
SNF a décidé d'implanter des capacités de production en Russie. 15 M€ ont déjà été investis dans l'acquisition et la réhabilitation de bâtiments déjà existants. En 2017, 30 M€ seront dépensés pour une mise en service du site courant 2018.
Au Brésil
Pas encore présent en production dans ce pays, SNF a lancé la construction d'une nouvelle usine, spécialisée dans l'émulsion (15 M€ d'investissement cette année). Ce site devrait être capable de commencer à produire en 2017.
En Chine
Un deuxième site a été implanté en Chine en 2015 (15 M€ d'investissement). Les efforts se poursuivent cette année. Deux nouvelles lignes poudre sont également mises en place sur l'autre usine chinoise (35 M€).
Objectif +10%
« Il est important de se déployer à travers le monde et de produire au plus près des consommateurs. Dans la plupart des pays, il est plus facile de vendre avec une unité sur place », explique Pascal Remy. « Cette stratégie devrait nous permettre de gagner encore des parts de marché ». SNF dispose d'une vingtaine de sites à travers le monde. Objectif des prochaines années : une croissance annuelle de l'activité de 10 % par an. « Pour tenir ce rythme, nous avons besoin que le marché du pétrole reparte à la hausse. Sinon, nous ne pouvons espérer qu'une croissance de 5 % ». En 2015, l'augmentation du volume d'activité a été nulle mais le CA a progressé de 4 % en raison notamment de l'appréciation de l'euro.
CHIMIE. Le poids-lourd mondial de la production de polymères hydrosolubles pour le traitement de l'eau, la récupération assistée du pétrole et les réactifs pour mines, va investir 250 M€ en 2016 à travers le monde. Tour d'horizon.