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Revival : "Il faut se demander comment mettre en adéquation la volonté politique avec la réalité industrielle"
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Revival : "Il faut se demander comment mettre en adéquation la volonté politique avec la réalité industrielle"

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Start-up de l’économie circulaire, Revival porte l’ambition de créer une chaîne industrielle de recyclage de semelles de chaussures, de balles de tennis et de chambres à air. Mais ses ambitions et premiers succès sont freinés par des obstacles administratifs.

Revival transforme les semelles des chaussures de sport en granulats réutilisables dans l’industrie — Photo : Revival

En mai 2021, Guillaume Haffreingue, Marie Soudré-Richard et Hélène Guerret ont fondé la société Revival avec l’ambition de créer dans les Hauts-de-France une chaîne industrielle de recyclage des semelles de baskets sorties du circuit de consommation (défectueuses à l’issue de la fabrication ou usagées). Depuis, la start-up industrielle s’est intéressée à deux autres déchets : les balles de tennis et les chambres à air. Concrètement, Revival sépare les matières pour récupérer celles qui l’intéressent, avant de les broyer puis de les transformer en granulats de caoutchouc ou de thermoplastique, destinés à être réutilisés comme matière première dans l’industrie. Revival s’appuie pour cela sur une chaîne de tri dotée d’une intelligence artificielle. Si cette dernière a commencé a tourné en septembre dernier, sa mise en place n’a pas été un long fleuve tranquille. Pour installer son outil de production, comme pour développer son activité, l’entreprise se heurte à quelques problématiques administratives.

La quête d’un site industriel adéquat

"Depuis le démarrage du projet, nous avons fait face à pas mal de difficultés administratives, souligne Guillaume Haffreingue, cofondateur et président de Revival. Notre premier souci a concerné la montée en puissance industrielle : nous n’avons pas réussi à louer des locaux adaptés à notre activité, c’est-à-dire dotés d’une puissance électrique de 500 kVA. Nous avons regardé dans tous les départements que compte la région. Nous ne trouvions que des locaux équipés de 250 kVA". S’il était possible de les faire évoluer, en les reliant à un transformateur, il fallait compter plusieurs dizaines de milliers d’euros et un délai de 6 à 9 mois, "ce qui n’est pas possible quand on lance une activité". Revival a donc dû se résoudre à installer sa première chaîne industrielle dans l’Ain. "Nous ne renonçons pour autant pas à avoir une activité industrielle dans les Hauts-de-France, indique le dirigeant. On incite les entreprises à recycler des matières pour les inclure dans de nouveaux produits, mais avons-nous l’équipement nécessaire ? Il faut se demander comment mettre en adéquation la volonté politique avec la réalité industrielle."

Un accès difficile aux marchés publics

Pour se développer, Revival a fait face à d’autres problématiques, notamment celle de l’accès aux marchés publics. L’entreprise, qui a mis au point un revêtement de sol composé de semelles de baskets recyclées, de roche volcanique et de résine, l’a récemment déployé à titre expérimental sur une piste cyclable à Pont-à-Marcq, dans le Nord. La start-up, qui veut proposer ce produit à d’autres collectivités (sous la forme de pistes cyclables, de sols de salles de sport ou de cours d’école) constate que ce n’est pas simple. "Le réglementaire peut faire progresser l’économie circulaire, avec des marchés publics qui ne seraient pas remportés par les entreprises proposant les prix les plus bas. En tant que start-up portant un revêtement innovant et responsable, nous ne pouvons pas rivaliser avec les prix des groupes de BTP". Guillaume Haffreingue souligne par ailleurs que l’accès à ces marchés publics pourrait être simplifié ou du moins rendu plus lisible : "Pour répondre aux appels d’offres, il nous faudrait une personne dédiée, dont c’est vraiment le métier, mais nous n’en avons pas les moyens".

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