Réseau Entreprendre Lorraine devient opérateur du Pass French Tech dans le Grand Est
Interview # Réseaux d'accompagnement

Philippe Courqueux et Roselyne Stoecklé Philippe Courqueux et Roselyne Stoecklé Réseau Entreprendre Lorraine devient opérateur du Pass French Tech dans le Grand Est

Réseau Entreprendre Lorraine est devenu opérateur du Pass French Tech dans le Grand Est, en collaboration avec le pôle de compétitivité Alsace BioValley. Philippe Courqueux et Roselyne Stoecklé, président et directrice du réseau, font le point sur ce dispositif national mis en place à destination des entreprises en hyper-croissance.

Le Journal des Entreprises : Réseau Entreprendre Lorraine a été choisi par Bpifrance pour assurer le rôle d'opérateur du Pass French Tech en mars dernier, en quoi consiste ce Pass ?

Philippe Courqueux : « Il s'agit d'un programme national d'accompagnement lancé en 2014, mis en place progressivement dans les treize métropoles French Tech, à destination des entreprises en hyper-croissance. Les partenaires du Pass French Tech sont les acteurs majeurs du soutien au développement des entreprises : Bpifrance, DGE, Business France, Coface, Inpi, AFPC et AFIC. Le but est d'offrir d'une manière unique, prioritaire et accélérée des services premiums spécifiques aux problématiques d'hyper-croissance de ces entreprises. Toutes les entreprises sont concernées, pas uniquement des start-ups, mais elles doivent répondre à des critères précis : un dirigeant actionnaire, le siège social de l'entreprise basé en France, un chiffre d'affaires compris entre 100.000 euros et 50 millions d'euros et en forte croissance annuelle (pouvant atteindre 100 % selon les stades de sélection), deux ans d'exercice minimum et un modèle économique stable. »

Que signifie être opérateur pour Réseau Entreprendre Lorraine ?

Roselyne Stoecklé : « Nous avons en charge, en collaboration avec le pôle de compétitivité Alsace BioValley, la coordination du programme dans le Grand Est et la sélection des entreprises. Nous clôturons la session en cours le 9 juin, et le comité de sélection se réunit le 23 juin. Nous avons été choisis pour être opérateur grâce à notre savoir-faire d'accompagnement des entreprises. Alsace BioValley, spécialisé dans le domaine de la santé, intervient en nous faisant parvenir des dossiers d'entreprises dans ce domaine. Une promotion intègre chaque année le Pass French Tech au niveau national. La sélection finale est réalisée par les partenaires du Pass. Au sein de Réseau Entreprendre Lorraine, nous recevons les dossiers et nous les validons, notre mission est également de faire connaître ce dispositif à travers le Grand Est. La 1ere promotion 2014-2015 a rassemblé 48 entreprises issues du secteur du numérique. La 2e promotion 2015-2016 a rassemblé 66 entreprises issues des secteurs du numérique, de l'industrie et de la santé. Il n'y a pas de limite dans le nombre d'entreprises sélectionnées, les critères sont très sélectifs, l'intérêt est de miser sur le qualitatif plutôt que le quantitatif. »

Qu'est-ce que le Pass change pour les entreprises ?

P.C. : « Cela leur permet d'avoir accès à l'ensemble des partenaires de manière plus rapide, et plus simple, le dossier de candidature est en soi, simplifié. Le Pass French Tech est une porte d'entrée plutôt qu'un entonnoir. L'idée c'est que l'on puisse identifier les futures pépites du Grand Est et les aider à aller plus vite dans leur développement, qu'ils aient une visibilité meilleure, qu'ils aillent à l'international de manière plus rapide. C'est une opportunité au-delà des entreprises purement numériques. Le Pass French Tech est un amplificateur, un accélérateur pour les entreprises, qui auraient sans doute contacté les différents partenaires, mais auraient dû réaliser plusieurs dossiers, obtenu plusieurs entretiens, etc. » R.Stoecklé : « Le Pass French Tech est valable un an, la promotion se termine en juin. Une entreprise qui ne remplirait pas tous les critères cette année peut tout à fait candidater l'année suivante. L'idée c'est aussi de les identifier pour qu'elles puissent suffisamment se développer pour être sélectionnée par le Pass dans la prochaine promotion. Et une entreprise lauréate peut également postuler à nouveau l'année suivante, afin d'avoir un complément, parce qu'il y a plusieurs stades de développement de sélection, en fonction de sa durée d'existence, de son chiffre d'affaires, etc. L'idée c'est vraiment que l'on monte en puissance. »

Le sillon lorrain a obtenu le label French Tech il y a deux ans, où en est l'écosystème dans la région ?

P.C. : « J'ai une vision personnelle sur ce sujet, car je suis originaire du Havre, et lorsque je suis arrivé en Lorraine, j'y ai trouvé une fiabilité, un savoir-faire mais on ne fait pas toujours savoir les choses. Lorsqu'il s'est agi de défendre le dossier LORnTECH, entreprises, collectivités, associations ont travaillé ensemble afin d'obtenir, avec succès, le label. Cela aurait été dommage que la Lorraine ne l'obtienne pas car il y a un vrai dynamisme et une vraie richesse. La candidature a permis de rassembler beaucoup d'énergies, de faire prendre conscience aussi de tout ce qui existait. Ce dynamisme se reflète évidemment à travers les start-ups, mais aussi à travers les entreprises dites traditionnelles, qui évoluent. Et si vous développez l'usage du numérique et les synergies entre les entreprises, cela crée un certain nombre d'emplois qui sont difficiles à quantifier, mais c'est une réalité. Dans les objectifs de la French Tech en Lorraine, nous avons d'ailleurs inscrit de développer l'usage du numérique comme facteur de compétitivité, de développement et d'emplois dans d'autres domaines. »

La Lorraine possède-t-elle une future licorne ?

P.C. : « Je dirais qu'il faut bien sûr mettre en avant ces futures pépites, mais quand un travail de fond se fait, à tous les niveaux, cela a encore plus d'impact, et de poids mais c'est plus difficile à mesurer. Des licornes, il nous en faut c'est évident, et il y en a potentiellement, c'est sûr, mais il ne faut pas rester focalisé là-dessus à les attendre, mais s'intéresser aussi à la transformation numérique nécessaire à toutes les entreprises. »

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