« On a la structure, les hommes, les fonds. On a tout pour aller plus vite. Il ne nous manque plus que les porteurs de projets ». Président de Réseau Entreprendre Atlantique, Olivier de la Chevasnerie a parfois tendance à exagérer. Car les différentes associations Réseau Entreprendre des Pays de la Loire ont accompagné 52 entrepreneurs l'an passé, contre 22 il y a six ans. Des porteurs de projets, créateurs ou repreneurs d'entreprise anticipant au moins cinq créations d'emplois sous trois ans, il y en a donc. Mais pas assez pour le Nantais, bien décidé à enclencher la vitesse supérieure.
Création d'un fonds innovation
Sur le plan financier, l'association a renégocié ses ressources auprès des six banques régionales partenaires, du conseil régional et de la Caisse des dépôts. En Loire-Atlantique, « on est en mesure de financer 40 projets par an et ce, sur cinq ans. On en a soutenu 28 en 2012 », indique Cyrille Corlay, directeur du réseau dans le département. Après analyse du dossier et passage devant un jury composé de chefs d'entreprise, Réseau Entreprendre accorde au jeune entrepreneur un prêt, d'un montant moyen de 30.000 €. Avantages : il est sans intérêt et sans garantie. En plus de son fonds de prêts traditionnel, Réseau Entreprendre Atlantique va se doter avant l'été d'un fonds dédié aux entreprises innovantes, c'est-à-dire issues de filières technologiques, comme le web ou les biotechnologies. « Ce sont des secteurs où il y a plus de casse, ce qui risquerait de mettre en difficulté notre équilibre économique. On a donc décidé de séparer les deux fonds et de nous appuyer sur des spécialistes de ces secteurs, que cela soit en local, avec Atlanpole, ou au niveau national », explique Olivier de la Chevasnerie. Le dirigeant confie avoir réuni pour le moment les quatre cinquièmes des 900.000 € du fonds innovation, somme mobilisable sur trois ans. Si les finances de l'association sont dans le vert, sa capacité à mobiliser des chefs d'entreprise est toujours aussi importante. 250 chefs d'entreprise sont ainsi membres de Réseau Entreprendre Atlantique. Une cotisation annuelle comprise entre 1.000 et 4.000 € leur permet d'accompagner, bénévolement, les jeunes entrepreneurs lauréats et d'animer la vie du réseau.
Anciens lauréats et CJD
Un tiers de ces membres provient du Centre des jeunes dirigeants. Notamment les derniers présidents que sont Olivier de la Chevasnerie (Sygmatel), Dominique Goubault (Goubault Imprimeur) et Jean-Luc Cadio (Berjac). « C'est une suite un peu logique, nous partageons les mêmes valeurs avec le CJD », indique Cyrille Corlay. L'autre gros contingent de recrues du réseau est constitué... par d'anciens lauréats. C'est par exemple le cas de Pascal Mounier, créateur de Ceris Ingénierie en 1999 et premier lauréat du réseau dans les Pays de la Loire, d'Arnaud Lory (Oléap) ou de Servan Lépine (Excelium). Pour ce dernier, « dans mon apprentissage du métier de chef d'entreprise, l'accompagnement dont j'ai fait l'objet, cela a été énorme ! », s'enthousiasme encore l'entrepreneur orvaltais. Les jeunes entrepreneurs sont en effet accompagnés pendant deux ans par des chefs d'entreprise plus expérimentés. « C'est une posture de coach, de mentor », explique Cyrille Corlay. « C'est quelqu'un qui ne fera jamais à la place de, mais c'est le grand frère qui partage son expérience », renchérit Olivier de la Chevasnerie. Toujours est-il que la formule plaît à beaucoup de jeunes créateurs qui, devenus plus expérimentés, offrent temps et argent au réseau. Cet attachement permet à l'association de payer ses frais de structures (quatre salariés) et une partie des prêts non remboursés (garantis à 60 % par Oseo) grâce aux cotisations des membres.
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