«Nous ne sommes pas sortis de la crise!» C'est ce qu'a voulu rappeler le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer lors de sa visite à Rouen pour le bicentenaire de la succursale normande de l'institution financière. Et deux trimestres consécutifs d'évolution positive des chiffres de la croissance ne marquent pas une tendance.
«La croissance reste fragile»
«Nous avions renoué avec la croissance au second trimestre de manière un peu anticipée par rapport aux analyses des prévisionnistes», explique Christian Noyer. Et même si le mouvement semble persister au 3e trimestre (+0,3%), le gouverneur de la Banque de France affiche toujours une grande prudence dans ses commentaires: «Tous les indicateurs, production industrielle, exportations, ou enquêtes de conjoncture vont dans le sens d'une poursuite du mouvement. Mais pour autant, la croissance reste fragile, en particulier à cause de la persistance du chômage. Les entreprises ont utilisé largement le chômage partiel, ce qui veut dire que le retour à l'embauche sera retardé d'autant», même en situation d'amélioration de la conjoncture.
Le cocktail consommation/chômage
Une croissance décidément bien fragile, portée par «une consommation qui se maintient grâce aux effets favorables de la baisse de l'inflation mais qui pourrait être affectée par la montée du chômage», comme par un plan de relance national dont les effets sur l'activité économique finiront bien par s'estomper. Alors pour 2010, le gouverneur de la Banque de France compte autant sur la consommation privée que sur «une impulsion des économies des pays émergents qui pourraient aider à consolider cette croissance».
Guillaume Ducable
Présent à Rouen à l'occasion des deux cents ans de la succursale normande, le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer a rappelé que les prévisions de croissance restaient fragiles du fait de la persistance du chômage.