« Reprendre le quotidien Paris-Normandie est un aboutissement »
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Jean-Louis Louvel : Jean-Louis Louvel : « Reprendre le quotidien Paris-Normandie est un aboutissement »

Le dirigeant rouennais Jean-Louis Louvel est devenu le 30 juin dernier l'actionnaire de référence de la société éditrice du quotidien Paris-Normandie (SNPN). Il nous dévoile ses ambitions pour redonner de l'attractivité au quotidien régional.

Le Journal des Entreprises : Après être entré au capital de la SNPN en avril dernier, vous avez lors de l'AG du 30 juin acté le départ de Xavier Elie. Comment expliquez-vous cette accélération de votre calendrier ?

Jean-Louis Louvel : J'ai effectivement profité de cette AG du 30 juin pour prendre les rênes. Il faut bien comprendre que nous sommes dans une situation où il faut aller vite pour résorber les difficultés financières de la société. Clairement, je ne suis pas arrivé pour prendre 49 % du capital. Mais c'est vrai qu'au départ on ne s'était pas fixé de date précise.

Cette décision a-t-elle été bien accueillie par les collaborateurs ?

J.L.L : Il fallait surtout leur montrer que les choses bougeaient, notamment avant les départs en vacances ! Et puis, il y a un moment où il faut avancer. Nous avons eu trois mois pour prendre nos marques, apprendre à nous connaître. C'est le cas avec Frédérick Cassegrain, le directeur général nommé par Xavier Elie avant mon arrivée. Je tiens d'ailleurs à souligner que c'est un très bon choix de quelqu'un qui connaît parfaitement le métier.

Votre première décision a été de nommer un de vos proches, Romuald Uzan, à la présidence de la SNPN...

J.L.L : C'est un ami et un associé de très longue date. Il décèle aujourd'hui tout le potentiel que j'avais entrevu pour cette entreprise. Je crois qu'avec l'expérience de Frédérick Cassegrain et des novices comme nous, cela amène de nouvelles synergies.
Au fond, quel est le projet que vous portez pour le Paris-Normandie ? Au cours des dernières années, ce journal a quelque peu perdu son âme. Il a en tout cas perdu sa place. Nous devons aujourd'hui nous associer de nouveau aux grands projets du territoire, culturels, sportifs, économiques... Concrètement, la ligne éditoriale du journal va évoluer rapidement pour parler davantage de ce qui marche sur le territoire, dans tous les domaines. J'aime mettre en avant ce qui fonctionne pour redonner de l'optimisme.

Envisagez-vous d'étendre le périmètre du quotidien à l'ensemble de la Normandie ?

J.L.L : Nous sommes aujourd'hui peu implantés dans le Calvados, la Manche ou encore l'Orne. Ce sont des territoires que nous devrons conquérir. Ça se fera dans le temps, car tout cela a un coût. Et ce n'est pas évident à mettre en place, j'en veux pour preuve le recul de Ouest France au Havre.

Qu'est ce qu'un chef d'entreprise avec votre parcours peut apporter à une entreprise de presse ?

J.L.L : Lorsque je m'engage dans un domaine qui n'est pas le mien, je vais chercher des idées et je les adapte. L'idée est de gagner du temps et d'éviter les écueils. Cet été nous avons discuté avec de nombreux journaux, notamment la Dépêche du Midi. Nous avons eu des échanges très riches. À nous ensuite d'adapter les bonnes recettes à notre région.

Pourquoi, au final, vous êtes-vous lancé dans cette aventure ?

J.L.L : Certainement pas pour qu'on parle de moi ! Ne me faites pas de procès d'intention. Je l'ai fait pour que ce journal reste en Normandie, que ses capitaux soient normands. Au-delà, c'était un vrai défi pour moi. Vous savez, cela fait 26 ans que j'entends : « tu n'y arriveras pas » ! Je suis habitué dans mon métier à fixer beaucoup d'objectifs aux autres. À cinquante ans passés, je me suis posé la question de savoir quels étaient les miens. Je ne suis pas un capitaliste, mon but est d'aider mon pays et mon territoire. Je me sens contributeur. Ce projet est presque un aboutissement pour moi.

Au-delà de l'envie, vous dites également que le timing était le bon. En d'autres termes, cette reprise aurait pu ne pas se faire ?

J.L.L : Dans tous les projets, il faut arriver au bon moment. Il y a un an, je n'y serai peut-être pas allé. Je crois que la réunification de la Normandie est une belle opportunité. Cela a vraiment réveillé les Normands ; on sent qu'ils sont plus fiers de leur région. À nous de recréer de l'attachement pour ce journal. La seule certitude, c'est que je n'aurai jamais repris un journal dans une autre région.

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