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Rennes : Que se sont dit les patrons et le leader de la CGT ?
Rennes # Syndicats patronaux

Rennes : Que se sont dit les patrons et le leader de la CGT ?

En visite en Bretagne ce mardi 31 mai, le n°1 de la CGT Philippe Martinez a eu un comité d'accueil surprise de la part des patrons locaux retardant son déjeuner à Rennes. A l'appel de l'Union des entreprises 35, ils étaient une cinquantaine de cols blancs à manifester face aux sympathisants cégétistes. Un échange direct a même pu avoir lieu, plutôt cordial...

Hervé Kermarrec — Photo : Virginie Monvoisin

En Ille-et-Vilaine, Philippe Martinez était venu rencontrer ses camarades mardi 31 mai, à Fougères et Rennes. Il a aussi pu échanger avec le patronat local, venu l'interpeler par surprise et lui manifester son mécontentement face aux grèves et autres manifs actuelles. L'UE35 avait invité les branches professionnelles et dirigeants bretons à venir à la rencontre du n°1 de la CGT. Etaient notamment représentées l'association des commerçants du Carré rennais, l'Umih, la FNTR, le BTP, l'UIMM... "La CGT tue nos entreprises", pouvait-on lire sur une banderole.

"M. Martinez a la solution"

"Nous ne sommes pas habitués à manifester, mais nous sommes venus ouvrir le dialogue pour défendre nos PME qui souffrent, explique en chef de file Hervé Kermarrec, vice-président de l'UE35. Lui dire aussi notre ras-le-bol des manifestations et grèves qui pénalisent nos salariés et nos entreprises. Nos entreprises doivent fonctionner, laissez-les fonctionner ! Nous ne pourrons pas tenir. M. Martinez a la solution..." Et cet autre patron manifestant, concessionnaire automobile, de renchérir : "Nous allons prendre une raclée avec cette espèce de prise d'otage de nos salariés ! Nous n'avons plus de gazole pour livrer nos voitures."

Finalement assez d'accord

Dans une ambiance bon enfant entre manifestants des deux camps, un face-à-face cordial a pu avoir lieu entre une délégation de quatre représentants patronaux et Philippe Martinez, à même le parking du restaurant où il devait déjeuner dans la campagne rennaise. Aussi étonnant que cela puisse paraître, les deux parties étaient finalement assez d'accord sur bon nombre de points, notamment pour dénoncer la sourde oreille du gouvernement. A tel point qu'un patron ironisait à l'issue de la discussion : "Patronat et CGT, même combat !" "L'article 2 de la loi Travail ne nous concernera pas dans nos petites entreprises", lui ont rappelé les représentants patronaux.

"Un geste"

"Je vous comprends", leur a confié Philippe Martinez qui s'attaque d'ailleurs davantage aux groupes du CAC40 qu'aux PME-PMI. De son côté, il s'est engagé à faire "un geste" envers les entrepreneurs bretons, en étudiant la possibilité de ne pas manifester ce jeudi en centre-ville de Rennes, déjà très atteint par les dernières manifestations et leurs casseurs. C'est le préfet qui décidera en dernier recours. "M. Martinez comprend bien que ses actions perturbent l'économie française. Nous, nous contestons la méthode de la CGT", souligne Hervé Kermarrec.

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