Cinéville (groupe Soredic) devra faire une croix sur son cinéma du Colombier, en centre-ville de Rennes. Une concession faite pour pouvoir créer deux autres cinémas de six salles chacun en périphérie sud rennaise dépourvue d'offre, à Bruz (991 places) et à Vern-sur-Seiche (1.244 places) où le siège de la Soredic sera aussi transféré de Cesson-Sévigné. C'est l'architecte nantais Gilles Imbert qui a oeuvré. Projet global de 22 millions d'euros (sans aide) pour lequel l'indépendant rennais, 5e acteur national, par le nombre de spectateurs (200 salariés, 41 millions d'euros de CA), vient d'obtenir le feu vert de la Commission départementale d'aménagement cinématographique (CDACi).
Rendez-vous au premier trimestre 2019...
Sauf recours, ses deux nouveaux cinémas ouvriront au premier trimestre 2019. Premiers coups de pioche attendus début 2018. Ses 15 emplois actuels en centre-ville y seront transférés et d'autres ajoutés. « Nous allons créer 25 emplois », détaille Yves Sutter, directeur général du groupe qui exploite à ce jour 13 cinémas en France. Si elle n'est pas encore actée, la vente de son immeuble de centre-ville de quelque 3.000 m² ne devrait pas poser problème tant l'emplacement est prisé, à deux pas du futur quartier d'affaires de la gare EuroRennes et ses 200 euros du mètre carré. Cinéville laissera au passage un boulevard au concurrent voisin, Gaumont, passé dernièrement de huit à 13 salles... De son côté, le cinéma associatif L'Arvor passera bientôt de deux à cinq salles, également en centre-ville, déménageant dans le quartier sud de la gare. Tandis que le nord de la métropole bretonne, lui, avait déjà son multiplexe (CGR).
Copie initiale revue et « choix délibéré »
Un projet initial plus ambitieux, avec un Cinéville à Vern de huit salles et 1.640 places, et un autre de CGR à Bruz de huit salles pour 1.450 places, avait été retoqué en CNAC... La copie a donc été revue. « Un choix délibéré, assume Yves Sutter. Le projet avait été jugé disproportionné », rappelle-t-il parlant désormais de « recomposition complète du paysage cinématographique rennais ». L'entrepreneur se dit aussi satisfait du « rééquilibrage » lié à son nouveau dessein. La plaine de jeux (15 emplois) et les deux restaurants (30 emplois), greffés au projet de Vern-sur-Seiche, ont d'ailleurs été maintenus sur ses plans. C'est Loopiland basé à Angers qui opérera la première sur 2.500 m². Tandis que l'exploitant des restaurants n'a pas encore été choisi.
Aménagement territorial
Les maires des deux communes concernées, Bruz et Vern, applaudissent au nom de l'équilibre territorial. « Impatient », Auguste Louapre se bat depuis trois ans à Bruz pour décrocher son cinéma près de la gare, en ville. Il y voit « un double effet de lien entre le quartier historique et le quartier du Vert Buisson ». À Vern, pour Didier Moyon « l'avenir du cinéma en France est d'être implanté au plus près des populations ». Yves Sutter acquiesce : « Les besoins intra-rocade sont couverts. » À horizon 2020, l'offre cinématographique de la métropole comportera ainsi 21 salles au coeur du territoire, 19 salles au nord et 14 salles au sud.