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Rennes : Jean-Pierre Meignan : "Les agences d'architecture subissent la crise"
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Rennes : Jean-Pierre Meignan : "Les agences d'architecture subissent la crise"

L'architecte rennais Jean-Pierre Meignan donne son point de vue sur l'actualité économique et l'actualité de sa profession, également touchée par les répercussions de la crise.

L
'investissement immobilier « Les agences d'architectures subissent les répercussions de la crise et la perte de confiance des investisseurs privés ou publics. Nous sommes aussi sollicités pour effectuer des études de capacité foncière ou des projets plus élaborés : de plus en plus souvent, sur dix études, notamment en logements, les deux tiers n'ont pas de suite pour des raisons principalement liées à un manque de rentabilité en regard des coûts d'investissement ou de commercialisation difficile. À cela se greffent des contraintes qui font que beaucoup d'agences sont incapables de se projeter dans l'avenir. »




Trop de normes
« Il y a un amoncellement de contrôles, de normes rajoutés dans tous les projets. Il y a déjà les règles d'urbanisme, d'environnement, d'accessibilité, de sécurité... il y en a tellement ! Je ne suis pas contre les normes, elles sont souvent qualitatives, mais on atteint des extrêmes au détriment de l'architecture qui a tendance de ce fait à se normaliser. Il est donc de plus en plus difficile de sortir des projets sans remise en cause et ils restent d'ailleurs souvent dans les cartons faute de commercialisation. On est tenu par des engagements de coûts qui peuvent parfois nous brider dans la conception. Le logement social « fonctionne », le haut de gamme se commercialise, l'accession libre, en périphérie, demeure plus difficile à concrétiser, car les prix restent globalement élevés, alors pour aider les ventes à repartir, il faut sans doute revenir à des prix plus raisonnables pour Rennes, suivant les localisations bien sûr. »




Les règles d'urbanisme

« Le Plu est trop souvent modifié. Quand les élus changent, les densités, les hauteurs peuvent aussi évoluer. Mais nous, architectes et promoteurs, avons besoin que cette ligne directrice soit respectée le temps de sa valeur initiale. Trop souvent on nous demande de travailler sur des sujets qui, finalement, suite à une réinterprétation du Plu, sont abandonnés par le promoteur. Je ne dis pas que la démarche n'est pas bonne ou injustifiée, mais je critique la manière : on ne peut pas changer les règles sans cesse, car on ne sait plus comment répondre à la fois aux attentes des promoteurs et à celles de la ville. »

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