Ça y est : nous ne sommes plus seulement le pays des avions, de Nougaro et du foie gras, mais aussi celui de Brassens, des ports de plaisance et du Muscat de Rivesaltes. Depuis le 1er janvier, notre région dépasse la superficie de la Belgique et se présente comme la 1re région en terme de créations d'entreprises. Elle est aussi la seule région qui présente un effectif croissant et qui bénéficie toujours d'une forte attractivité auprès des jeunes (230.000 étudiants, 35 grandes écoles et universités)... Oui, et alors ? Qu'est-ce que l'extension géographique, culturelle, économique et politique d'une région change dans la vie d'un entrepreneur ou d'un dirigeant de PME ? « Les entreprises n'ont pas de frontières » rappelait Jean Luminet, vice-président de l'UIMM (Union des industries et métiers de la métallurgie) lors de la création de la nouvelle UIMM LRMP. Il est vrai que le périmètre des affaires d'une PME dépasse largement celui des régions. Cela étant dit, nos entreprises ont intérêt à s'approcher des marchés de niche propres à l'ancien Languedoc-Roussillon (lire notre dossier) : les jeux vidéos, le démantèlement nucléaire, les chantiers nautiques, le tourisme haut de gamme, la recherche santé, sont des secteurs dans lesquels nos savoir-faire peuvent servir, et inversement. À leur disposition également, davantage de pôles d'activité et de structures locales de soutien aux entreprises. Par exemple, le Business Innovation Center de Montpellier classé récemment 4 e incubateur mondial s'avère un outil intéressant. Alors oui, la nouvelle région peut changer les choses à condition que les supports existants s'organisent vite et bien pour structurer les 715.345 entreprises recensées sur le nouveau territoire.
Juliette Jaulerry @email