Le Premier ministre, François Fillon, venu clore les états généraux des CCI, réunies le 9décembre à Paris, a laissé aux chambres la liberté d'affiner leur autoréforme. Invitées à faire des économies et à simplifier leur organisation, les CCI ont «quelques mois» pour proposer un modèle viable, dont les résultats tangibles sont attendus dès 2009. Les chambres consulaires, qui avaient opté fin novembre en assemblée générale pour un modèle combinant «la proximité territoriale et le renforcement de l'échelon régional», doivent donc rapidement faire des propositions concrètes. L'idée la plus probable est la mise en place d'une chambre régionale qui chapeauterait des instances "métropolitaines" sur la base de bassins économiques, elles-mêmes dotées d'antennes locales. Les 148 chambres devraient être ramenées à 125 en 2010 puis à une centaine à terme. On peut d'ailleurs imaginer que les chambres de métiers et de l'artisanat, également "invitées" à simplifier leur organisation, se rapprochent de ce nouveau mode opératoire. Si le projet n'a pas reçu le soutien de tous les présidents des CCI, il soulève aussi des rivalités entre collectivités locales et régionales.
Ascenseur économique
Après six mois de rencontres avec les entreprises sur le terrain, les CCI ont pris acte des besoins en matière d'innovation, d'emploi, de formation, d'accompagnement à la création d'entreprise et au développement... - et imaginé comment adapter leurs services. Cela se traduit par cinq engagements, «cinq objectifs ambitieux», selon Jean-François Bernardin, président de l'ACFCI. Les chambres s'engagent à poursuivre la diminution de leur pression fiscale d'au moins 10% d'ici à cinq ans. Elles proposent la mise en place d'un bouquet de services unique, quelle que soit leur localisation, et s'imaginent comme le «guichet unique des entreprises». Elles veulent doubler le nombre d'exportateurs réguliers, de 50.000 à 100.000, et accentuer leur contribution à la formation, notamment celle des jeunes. Pour Bruno Hug de Larauze, rapporteur général des États généraux et président de la CCI de Saint-Nazaire, les CCI, «espèce hybride entre la collectivité territoriale et l'entreprise» sont des «incubateurs de l'esprit d'entreprendre». En ce sens, elles ont pour mission d'être un «ascenseur économique de la TPE à la PME». Le Premier ministre a souligné qu'au-delà de guichets uniques sur l'ensemble du territoire, les entreprises doivent aujourd'hui pouvoir effectuer leurs démarches à distance. Dans ce cadre, il souhaite la mise en place d'un «portail internet unique de création d'entreprise, avec la double mission d'information et de guichet d'accomplissement des formalités», dont «la gestion sera assurée de façon partenariale par les différents réseaux de centres de formalités des entreprises». Reste donc aux CCI à trouver leur place dans ce nouveau dispositif.
Les Chambres de commerce et d'industrie ont tenu leurs états généraux à Paris le 9décembre dernier. Engagées dans un processus d'autoréforme, elles ont pris acte des besoins des entreprises pour améliorer les services qui leur sont dédiés.