Portée par une forte croissance de 150 % entre 2020 et 2022, qu’elle a consolidée à 40 % entre 2022 et 2025, la société montpelliéraine Linking Talents (250 salariés, CA 2025 : 42 M€) profite à plein d’une stratégie de groupe de recrutement multispécialisé. Elle s’appuie sur 14 cabinets organisés en véritables niches d’expertises (métiers de la paie, comptabilité, audit, banque et assurance, juridique et RH, digital, etc.), de sorte à apporter aux clients des conseils et un vivier de candidats spécialisés. Linking Talents se dote d’une feuille de route stratégique afin de devenir le premier acteur français sur ce marché d’ici 2030.
Une démarche d’hyperspécialiste
D’une part, le groupe prévoit d’aller toujours plus loin dans l’expertise hyperspécialisée. "Le monde du recrutement est mouvant, avec des métiers à la baisse, tandis que d’autres décollent. Nous allons donc monter des équipes d’experts, et non plus de recruteurs généralistes, sur des niches en croissance. Par exemple, au sein d’une verticale comme les métiers de la construction, nous allons former des recruteurs spécialistes des ouvertures automatiques, un sujet technique qui génère de gros besoins", analyse Maximilien Artur, directeur général de Linking Talents.
Un facteur de fidélisation
Travaillant sans acompte, Linking Talents n’est rémunéré que si la mission confiée par le client aboutit réellement à une embauche. L’effort de spécialisation en cours vise donc à améliorer ce taux de transformation des missions (qui a déjà progressé de 10 % en 5 ans). C’est aussi un facteur de fidélisation des clients. "Nous sommes déjà le premier acteur français sur le placement en CDD-CDI, derrière deux gros groupes étrangers (Hays et Michael Page, NDLR)", fait valoir le dirigeant.
Le pari de l’automatisation
D’autre part, Linking Talents fait le choix d’internaliser ses outils technologiques. Le groupe s’appuie sur une équipe de R & D de 5 personnes, pilotée par un directeur de l’innovation, où il investit "plusieurs centaines de milliers d’euros" par an. Le groupe s’est déjà doté d’un logiciel de gestion des candidatures pour mieux traiter les flux mensuels de CV (100 000 candidatures).
Dans les mois à venir, il va intégrer une intelligence artificielle (IA) locale et sécurisée, chargée d’améliorer l’analyse syntaxique dans les processus métier. "L’IA nous permettra de traduire les CV en données structurées et de les injecter dans les champs de qualification de notre outil sans intervention manuelle", décrit Maximilien Artur.
Un contexte frileux
Dans la période 2024-206, marquée par les incertitudes budgétaires et géopolitiques, les entrepreneurs temporisent dans leurs projets d’embauche : le volume d’offres est en baisse constante (- 17 % sur le plan national, — 5 % chez Linking Talents) alors que les candidats n’ont jamais été aussi nombreux. "Un recrutement raté coûte cher à une entreprise. D’où l’intérêt de travailler avec des spécialistes comme nous : nous apportons au dirigeant des profils qu’il ne voit pas ailleurs. Dans les métiers de la paie, 50 % des candidats ne sont pas sur le marché, mais sont bien référencés dans notre réseau", souligne le DG du groupe.
Pour surmonter la frilosité des patrons, Linking Talents leur apporte aussi, au-delà de l’opération de recrutement, une offre de conseil (structuration de poste, benchmarks salariaux, data sur le recrutement…). "Nous animons chacun de nos pôles comme une marque : "Payjob" pour les métiers de la paie, "Talent Industry" pour ceux de l’industrie, etc. Chacune d’elles produit du contenu – des articles et des newletters – pour aller plus loin", illustre Maximilien Artur.
La place grandissante de l’IA
Linking Talents observe la progression de l’IA dans les sujets prioritaires pour ses clients : sur le premier trimestre 2026, la part des offres d’emploi contenant des mots-clefs liés à l’IA se monte à 5 % selon les indicateurs du groupe, tous métiers confondus.
"Les métiers techniques comme la santé, la maintenance industrielle, ou le bâtiment gardent un niveau élevé de tension sur le marché, avec des difficultés à recruter malgré un volume d’offres important. À l’inverse, des secteurs plus administratifs et digitablisables, comme le middle office bancaire ou les métiers de la saisie, sont challengés : il est plus facile de recruter dans un contexte de baisse des volumes", conclut le dirigeant sur les tendances du moment.