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uel est le poids radiophonique de RCF? À l'origine, le réseau était constitué des radios associatives rattachées aux diocèses. C'est à partir de 1996 qu'elles se sont toutes fédérées pour devenir la radio chrétienne francophone (RCF). Au total, 62 radios, toutes indépendantes, forment le réseau RCF. Pour notre part, nous émettons depuis 1991 sur Rouen, Dieppe et Yvetot, puis nous avons obtenu en 1993 les fréquences sur Neufchâtel en Bray. AuHavre, l'arrivée d'un nouvel évêque, Monseigneur Brunin donne un nouvel élan à la radio car, il compte avoir sa propre équipe. En local, nous avons l'obligation, par le CSA, d'émettre quatre heures par jour, le reste étant constitué des émissions nationales de RCF. Nous enregistrons 28.000 auditeurs par jour en local et deux millions d'auditeurs au niveau national.
Quelle est la ligne éditoriale de RCF?
C'est une radio généraliste à tendance chrétienne
ce qui recouvre divers aspects: la solidarité, l'éthique, les droits de l'homme, les associations... Nous donnons la parole à ceux qui ne l'ont jamais. Nous réalisons aussi de nombreuses émissions culturelles, ainsi que des journaux d'actualité, deux fois par jour, ou encore, des émissions avec les notaires, sur la bande dessinée, la géopolitique... Ce qui nous intéresse c'est la personne, la quête de sens, donner de la profondeur à l'information, mettre l'humain au centre d'une réflexion. Nous ne courrons pas après l'information: nous réfléchissons à l'information.
Quelle place réservez-vous aux émissions religieuses?
C'est environ 15% de nos programmes. Nous parlons de solidarité, de prières, faisons des commentaires de l'Évangile. Nous parlons aussi avec les autres chrétiens dans une approche oecuménique. Également, chaque semaine, les responsables de la communauté juive de l'agglomération de Rouen viennent expliquer leurs textes.
Comment RCF a-t-elle changé en vingt ans?
L'arrivée de l'informatique a permis une vraie mise en réseau, nous sommes beaucoup plus réactifs et tournés vers les autres radios, avec des réunions de coordination. En Normandie, nous disposons de stations à Caen, Alençon, Cherbourg et Rouen.
Quelle est la différence entre RCF et les autres radios?
Nous réalisons des émissions qu'on ne trouve pas ailleurs comme «Le téléphone du dimanche», destinée aux familles de prisonniers qui peuvent passer des messages via la radio; le dimanche étant un jour sans visite dans les prisons. Et puis, nous donnons la parole à nos invités: ils ont vraiment du temps pour s'exprimer avec des sons jusqu'à deux minutes trente. Notre plus value, c'est d'être à l'écoute de la personne et ne pas mettre en défaut. RCF, c'est aussi la seule radio où quelqu'un peut venir bénévolement pour nous proposer une émission. D'ailleurs, la plupart de nos émissions sont réalisées par des bénévoles, l'équipe titulaire sur Rouen étant composée de trois permanents.
Quels sont vos revenus?
Nous vivons grâce au CSA et à son fond de soutien à l'expression radiophonique mais aussi grâce aux dons des auditeurs, à l'aide du diocèse et à une part de publicité limitée à 20% du total de nos revenus.
Entretien Sébastien Colle
RCF Rouen: 88.1 www.rcf.fr
Radio. La radio chrétienne francophone vient de fêter ses vingt ans. Directeur de l'antenne de Haute-Normandie, Bruno Morice explique les enjeux et l'avenir de RCF.