Ancien site industriel de cœur de ville, « forteresse infranchissable » ayant de longues années durant attisé la curiosité des riverains comme se souvient le maire de Strasbourg Roland Ries, la Manufacture des tabacs, rachetée en 2015 par la Société d'équipement et d'aménagement de la région de Strasbourg (Sers), va se muer d’ici à 2021 en « un lieu de vie au carrefour de l’innovation des sciences et des arts ». Le voile se lève sur les activités qu’accueillera ce lieu de 21.500 m² classé monument historique dont le montant global de la réhabilitation avoisinera les 70 millions si l’on additionne les projets de ses futurs locataires.
On connaissait déjà le projet de l’Université de Strasbourg, qui y installera sur 10.000m² les activités d’enseignement de l’Ecole nationale du génie de l’eau (Engees) et de l’Ecole et observatoire des sciences de la terre (Eost), réunis au sein du pôle d’excellence G2EI, pour Géoscience, Eau, Environnement et Ingénierie. Un millier d’étudiants et 200 chercheurs et personnels seront accueillis dans ces nouvelles structures à l’horizon 2020. Un deuxième lot de 3.500m² a été attribué à la Haute école des Arts du Rhin.
Start-up, auberge de jeunesse et pôle d'alimentation biologique
Une cinquantaine de projets ont été déposés lors de l'appel à manifestation d'intérêt lancé par la SERS en fin d'année dernière pour l'attribution des 5.000m² restants. Parmi les projets sélectionnés figurent celui de l'incubateur de start-ups Semia, associé à Accro, l’opérateur de l’économie créative porté par l’Eurométropole et à l’origine de projets collaboratifs innovants. Mais aussi une auberge de jeunesse alternative - un projet porté par une start-up lilloise France Hostels – et un pôle d’alimentation biologique et de promotion de l’agriculture biologique, qui complèteront l’offre de cet espace inédit. Porté par un groupe d’opérateurs locaux réunis en coopérative et soutenus par la Fondation Terra Symbiosis et l’Opaba, ce dernier pôle sera composé d’un magasin de producteurs bio, d’une épicerie bio et de trois restaurants.
L'ensemble de ces activités, outre les synergies qu'elles peuvent générer doivent également permettre à tous les strasbourgeois de se réapproprier ce monument patrimonial exceptionnel de coeur de ville.