PSA Trémery : L'usine change de classe
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PSA Trémery : L'usine change de classe

Automobile L'usine de Trémery a profité des vacances estivales pour préparer sa rentrée et le lancement du nouveau moteur essence du groupe.

Comme tous les ans, le site de production de moteurs de PSA à Trémery a profité de l'arrêt estival de 4 semaines pour engager des travaux d'entretien et de rénovation. Mais cette année, les travaux se sont avérés plus conséquents avec les chantiers liés à la préparation du lancement du nouveau moteur essence, dont les premiers exemplaires sortiront des lignes de production à l'automne. «Il s'agit d'un petit moteur 1 litre ou 1,2 litre 3 cylindres. Le lancement opérationnel est prévu à l'horizon 2012», explique Philippe Dorge, le nouveau directeur du site. À terme, l'usine de Trémery devrait fabriquer quelque 640.000 moteurs de ce type, baptisés EB, chaque année. Cette nouvelle production nécessite la mise en place d'un nouveau module d'usinage et d'assemblage, en cours d'installation. «Nous sommes en phase de construction de ce module. L'équipe projet, composée de 300 personnes du groupe et d'entreprises extérieures, est au travail pour préparer un outil industriel performant», souligne le directeur, fier d'annoncer que cette nouvelle production trouvera sa place au sein du bâtiment existant. Le démarrage de la production de moteurs EB, qui nécessite un investissement total de la part du groupe de 350M€, dont près de 250M€ pour le site, fera de Trémery, déjà reconnu pour son excellence, «la plus grosse usine du groupe PSA».




Manque de composants après le séisme au Japon

Jusqu'à présent, l'usine mosellane ne fabriquait que deux types de moteurs diesel HDI: le DV 1,6 litre 4 cylindres et le DW 2 et 2,2litres 4 cylindres, plus haut de gamme. «En 2011, nous devrions avoir fabriqué 1,4million de moteurs. Historiquement, le site a connu des niveaux allant jusqu'à 1,7million de moteurs, en 2007 contre 1,1million lors de la crise de 2008-2009.» Pour le directeur, l'activité repart donc dans le sens de la croissance. «Nous ne sommes pas inquiets concernant le niveau d'activité existant. Il faut bien voir que dans les mois qui viennent, la demande de diesel s'annonce forte. Sans compter, qu'il y a un effet de rattrapage de la période post-séisme au Japon, durant laquelle nous avons manqué de composants pour les moteurs diesel.» Pour pallier cette situation, l'usine devrait augmenter la cadence journalière de fabrication de ses moteurs diesel dès septembre. «Il y a un engouement autour du diesel. Avec la technologie HDI, il procure un avantage certain en termes d'émission de gaz, qui est équivalente au dégagement d'un moteur essence hybride»




, insiste Philippe Dorge.

500 nouveaux emplois

Cette montée en puissance de l'activité
se traduit par un plan conséquent de recrutements. «L'impact principal se fera ressentir en 2012, mais dès cette année, nous aurons embauché 80 personnes en CDI. L'estimation globale s'élève à 500 créations d'emplois. D'ores et déjà, nous constituons un noyau dur de compétences autour de ce nouveau moteur et de son module, par le jeu de mutations au sein de l'entreprise.»

Une croissance hors d'Europe
Malgré cette période faste pour son usine, Philippe Dorge ne fait pas de conjecture sur la situation du marché automobile. «En tant que fabricants de moteurs pour PSA, mais aussi pour d'autres marques, nous ne ressentons pas de crise comme en 2008. Même les plans de rigueur ne nous impactent pas. La demande est importante par rapport à ce qu'on aurait pu imaginer il y a 2 ou 3 ans.
Notre croissance se fait en dehors d'Europe», insiste le directeur, qui indique néanmoins que la France représente 20% des écoulements de voitures du groupe.

Audrey Reinhardt

PSA





(Trémery)


Effectif


: 4.000 personnes, dont 500 intérimaires Investissement: 250M€

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