Quel dirigeant peut se dire, aujourd'hui, totalement à l'abri d'une faillite ? Un défaut de paiement d'un gros client, les banquiers qui vous lâchent, et la belle aventure peut rapidement tourner au drame. Dans ce contexte, apprendre à protéger son patrimoine et son entreprise prend tout son sens. « Si j'ai un gros problème financier que devient mon entreprise et quid de mes biens personnels ? C'est le genre de questions que les chefs d'entreprise ont tendance à oublier de se poser », constate Laurent Carras, responsable développement de CCI Formation à Saint-Étienne. Pour les inciter à se pencher sur ces questions, CCI Formation propose un module de formation d'une journée « Gérer son patrimoine et préparer sa retraite ». Patrimoine social, retraite, prévoyance, rachat de trimestres, reversions, changement de statut, transmission d'entreprise... : ce module vise à donner les clefs de compréhension de mécanismes souvent techniques. « L'objectif est que le chef d'entreprise maîtrise un peu mieux les éléments de fiscalité et leurs objectifs pour mieux discuter avec leur conseil », explique Laurent Carras. « On ne nous donne pas des recettes toutes faites. On nous donne des pistes. À nous de les accoler à notre vécu et à nos objectifs », précise Régis Viallatte, P-dg de MCS à Rive-de-Gier.
Remise en question
Et d'ajouter : « J'ai 55 ans, j'avais déjà fait un bout de chemin sur ces questions-là notamment sur la transmission, mais certains chefs d'entreprise beaucoup plus jeunes que moi n'y avaient même pas songé. C'est normal, mais c'est bien qu'ils puissent avoir ces informations pour entamer leur chemin de réflexion. Est-ce qu'ils doivent le faire tout de suite ? Chacun suit son propre chemin ! » Bruno Chapoton, P-dg de l'entreprise Chapoton à Saint-Étienne, spécialisée dans les plats traiteurs et le portage de repas à domicile, a également suivi ce module de formation. « Je me suis remis en question. Du coup, j'ai pris deux assurances supplémentaires : une pour consolider ma retraite et l'autre pour couvrir mon entreprise si jamais je devais tomber en maladie de longue durée, confie le dirigeant. Cela m'a aussi conduit à déléguer un peu plus. C'est important pour un dirigeant de savoir que son entreprise va pouvoir continuer son activité même en cas d'absence prolongée du dirigeant ».