«La fiction française ne se vend pas bien à l'étranger, alors que ce sont les ventes à l'international qui assurent les revenus. Coproduire avec des partenaires internationaux est donc aujourd'hui fondamental.» Gilbert Hus, président de Project images films et producteur de la série télévisée «Déjà vu», se félicite donc de pouvoir tourner la moitié des vingt-six épisodes de la deuxième saison entièrement en Asie. Pour la première saison de cette série ciblant les 11-24 ans, Gilbert Hus avait expérimenté quatre épisodes à Singapour avec un cofinancement local et une diffusion en Asie. Cela s'était révélé bénéfique: Singapour avait apporté «des décors variés, un dépaysement» dans la série qui «avait très bien marché en terme d'audience». Il a alors parié sur une deuxième saison qui se situera pour moitié en Haute-Savoie et pour moitié en Asie, entre Singapour et Vietnam. «Au niveau de la production, c'est très compliqué à gérer: c'est cher, nous sommes tributaires de contraintes comme le climat, des autorisations, des visas de travail, des problèmes de traduction, un casting et un management de comédiens étrangers... Et il faut gérer une grosse équipe avec un budget de ?day time?.» Pourquoi s'engager dans un tel défi? «Nous créons une série un peu différente, multiculturelle, avec des partenaires asiatiques qui apportent 30% du budget et une garantie de vente à l'international. Le tournage n'est pas terminé, mais nous avons déjà vendu les deux saisons de la série à plusieurs pays asiatiques, en Italie et en Grèce.»
Partenariats locaux
Mais Project images films, société meylanaise, n'oublie pas pour autant de se tourner vers des partenaires locaux. Gilbert Hus a créé un «club d'entreprises», comptant une vingtaine de sociétés, notamment iséroises. Leurs produits se retrouvent, «de manière subtile», à l'écran, qu'il s'agisse de voitures, de vêtements, de site de villégiature,etc. «Il y a beaucoup de communication et nos partenaires s'y retrouvent, même en interne en valorisant leur image auprès de leurs collaborateurs.» La société ne se contente pas de la seule série «Déjà vu», même si elle demande «une mobilisation quasi permanente». Elle produit également des documentaires ou fictions unitaires. Et 20% de son chiffre d'affaires provient de films d'entreprises.
Project images films implante en Asie sa série télévisée «Déjà vu». Et s'assure ainsi un marché international.