Premier sursaut après la crise
# Commerce # Conjoncture

Premier sursaut après la crise

Timide mais bien réelle, la reprise a marqué la deuxième moitié de l'année 2010. Pour autant, les commerçants restent sur leurs gardes car le retour des clients et des investisseurs vers les centres-villes cohabite avec une remise en cause toujours plus forte des circuits traditionnels du commerce.

«Quand ça repart dans l'industrie, ça repart chez nous», rassure le président du Groupement commercial du Bas-Rhin André Marchand. De fait, les commerçants alsaciens ont déjà pu observer les premiers signes tangibles d'une reprise. «Gérard Darel, Cotélac, beaucoup de nouvelles enseignes ont ouvert dans le centre», témoigne Patricia Vest, présidente de la Fédération du commerce de Mulhouse, où le nombre de friches diminue. Avec ses 3.000 établissements, l'équipement commercial colmarien est «complet et attractif», juge Jean-Luc Karli à la CCI Colmar. Les grandes surfaces bas-rhinoises ont quant à elles toujours du mal à trouver leurs marques dans un contexte de suréquipement commercial: tandis que Rive Étoile totalise 4,2millions de visiteurs par an au lieu des 6 escomptés, «le Leader Price d'Otterswillers a fermé après seulement 8 mois d'activité», déplore André Marchand.




Des dégriffes toute l'année

Si les soldes flottantes ont permis de dynamiser les ventes à court terme, cette pratique nuit à la rentabilité des commerces, s'accordent à dire les représentants tous secteurs. «Le client ne s'y retrouve plus et les vraies soldes sont diluées», résume Patricia Vest. Les affaires reprennent petit à petit, mais les achats sur le net ou encore l'attractivité de la bande rhénane sont autant de sources d'évasion pour le consommateur. «Les circuits traditionnels souffrent», confie Jean-LucKarli. Le client, toujours à la recherche du meilleur rapport qualité-prix, «s'attache davantage à son environnement et revient vers le centre-ville», remarque toutefois André Marchand. «La périphérie perd des parts de marchés», se félicite Patricia Vest à Mulhouse.





La répartition équitable du commerce entre petits et géants, durement acquise, risque pourtant de voler en éclat avec l'arrivée prochaine des Villages de marque. Freiné des quatre fers par les commerçants, le complexe de Roppenheim, annoncé pour l'automne 2011, sort de terre. Au sud de Colmar, le projet de Sainte-Croix-en-Plaine (126 boutiques réparties sur 18.000m²), rejeté par le Scot, pourrait passer devant la CDAC au printemps 2011. «Face à ces Disneylands du commerce, il va falloir s'ajuster», conclut André Marchand.

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