« Pour réussir la reprise d'une entreprise pendant la crise »
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« Pour réussir la reprise d'une entreprise pendant la crise »

MOULAGE Pascal Ode a dû faire face à la crise après la reprise de Matissart Nord à Noeux-les-Mines. Le dirigeant a pris les mesures nécessaires pour remonter la pente.

« Après une carrière de cadre dirigeant dans des grands groupes et des PME, j'ai eu envie d'être mon propre patron. Il faut dire qu'en trente ans de carrière, le seul patron que j'ai réussi à supporter, c'est moi. J'ai donc repris Matissart en 2010, une société spécialisée dans la conception et la fabrication de moules de soufflage et d'extrusion-soufflage pour tous les fabricants de récipients liquide. C'était une belle entreprise de 48 salariés qui venait de réaliser une très bonne année grâce à un contrat pour fournir deux grosses usines en Roumanie. Les années suivantes ont été moins bonnes : la crise est passée par là... Quand on est aux commandes et qu'on voit la rentabilité baisser, même sans être négative, on se pose des questions. Malgré ce contexte économique, nous avons réussi à maintenir le chiffre d'affaires en prenant des projets plus risqués et moins rentables, notamment de la pièce technique.






Remonter la pente

Pour sortir de cette situation, il a fallu que je capitalise sur le savoir-faire présent en répartissant les compétences dans l'organisation : des salariés sont arrivés, d'autres sont partis. Nous avons également réajusté les prix pour les adapter au niveau du marché, tout en nous focalisant au niveau commercial sur des affaires moins risquées. Enfin, nous avons développé le chiffre d'affaires hors de France. Dans mes précédentes expériences, c'était mon quotidien de travailler à l'international. Matissart regardait moins de ce côté-là avant la reprise : j'ai donc ouvert les vannes et le directeur commercial a fait le reste. Parfois, nous pouvons réaliser pendant 6 mois jusqu'à 90 % du chiffre d'affaires à l'étranger et parfois c'est 50 % en France et 50 % à l'étranger. L'année 2014 est par exemple une année de contrats importants avec l'Afrique.






Perspectives

Ce que je retiens aujourd'hui c'est que les choses peuvent varier très vite, parfois d'un mois à l'autre, dans une PME. C'est une structure très réactive mais aussi très fragile, avec une rentabilité qui peut changer brusquement. Matissart réalise 4,8 M€ de chiffre d'affaires et devrait passer bientôt la barre des 5 M€ mais l'entreprise compte toujours 48 salariés car en France, ça n'est pas raisonnable de dépasser le seuil des 50 salariés. Nous allons continuer à nous développer sur le flaconnage hors de France et sur de la pièce technique, qui représente 20 % du chiffre d'affaires et que nous maîtrisons mieux : nous avons par exemple réalisé des moules pour un vélo aquatique, pour un flotteur destiné à des panneaux solaires... Nous allons aussi investir dans des logiciels pour les machines et dans des simulateurs pour mieux maîtriser les échanges thermiques dans un moule et gagner ainsi en rentabilité ».

Matissart Nord



(Noeux-les-Mines) Dirigeant : Pascal Ode CA : 4,8 M€ 48 salariés www.matissart.com

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