Rififi aux Bassins à flot. Les entreprises encore installées dans les hangars le long de l'avenue Lucien Faure, qui seront bientôt détruits pour laisser place d'ici à trois ans à des bureaux, des commerces et un cinéma notamment (voir JDE d'octobre 2013) doivent déménager d'ici au mois de septembre. Cela leur a été annoncé fin décembre lors d'une réunion à laquelle participaient le port de Bordeaux, propriétaire des lieux, et les promoteurs.
Plus d'opération à tiroir
Problème : certaines de ces entreprises n'ont aucune solution de relogement aussi bien à court terme qu'à long terme, et dénoncent l'attitude du port qui ne leur propose pas d'alternative. « Nous sommes tous d'accord pour que ce quartier soit rénové mais il nous avait toujours été dit, d'abord que les activités liées au nautisme seraient préservées dans le nouveau projet, ensuite que l'opération de réhabilitation serait à tiroir et qu'on détruirait les bâtiments les uns après les autres de façon à reloger temporairement les entreprises, explique Pierre Jeliazovski, gérant du Compas Marin, une entreprise d'accastillage et de réparation de bateaux. Et puis tout à coup, cette notion d'opération à tiroir a disparu. Nous devons tous partir d'ici cet été sans que le Port ne nous propose aucune solution de relogement temporaire valable. Pis encore, finalement le Port ne veut plus d'activités de réparation dans le nouveau projet. Pourront revenir uniquement les activités purement commerciales liées au nautisme. Le Port voudrait tuer nos entreprises qu'il ne s'y prendrait pas mieux. » Ambiance. « Personne n'est pris au dépourvu, explique pour sa part Étienne Naudé, le directeur du développement du port de Bordeaux. Tout le monde était au courant du projet de réhabilitation. D'ailleurs nous avions réduit au fur et à mesure la durée de renouvellement des baux pour permettre les démolitions. Tout le monde savait qu'un jour ou l'autre il faudrait partir le temps des travaux. » Concernant cette notion d'opération à tiroir, Étienne Naudé précise : « Je ne nie pas que cela était prévu mais ce n'est finalement plus faisable au vu de la programmation des promoteurs. »
Nuisances sonores et olfactives
Quant à l'impossibilité pour les activités liées à la réparation de revenir d'ici à trois ans quand les travaux seront terminés et les nouveaux bâtiments construits, il confirme : « Ces activités sont souvent bruyantes et peuvent aussi entraîner des nuisances olfactives. Elles ne seront plus compatibles avec les bureaux. Au lieu de proposer un relogement temporaire aux entreprises dites de réparation nous leur proposons de s'installer définitivement à un autre endroit dès cette année. Nous étudions la possibilité de construire ou réaménager un hangar entre le MacDo et le boulevard Alfred Danet. » Une proposition qui laisse sceptique Philippe Jeliazovski : « A cet endroit nous ne serons pas au bord de l'eau. Or, c'est nécessaire pour notre activité. » Las, le chef d'entreprise envisage d'entamer une bataille judiciaire contre le port de Bordeaux pour non-respect de ses engagements.
Les entreprises encore installées dans les hangars des Bassins à flot devront déménager d'ici à l'été. Certaines mettent en cause l'attitude du port de Bordeaux qui ne leur propose selon elles aucune solution de relogement.