Si le mouvement social qui ralentit l'activité du Port de Bordeaux s'arrête rapidement, la direction espère maintenir en 2011 des trafics équivalents à 2010, aux alentours de 8,7t. «Il est difficile d'évaluer les effets des grèves, déclare Marie-Luce Bousseton, directrice générale. Nous savons que certains armateurs rechignent à venir sur le Port de Bordeaux, mais on ne peut pas présager des bateaux qui seraient venus s'il n'y avait pas eu grève. Toujours est-il que l'on sent l'exaspération monter chez les opérateurs».
Risque de recomposition des circuits logistiques
Pour le Port de Bordeaux, la plus grande crainte est que certains circuits logistiques se recomposent au détriment du maritime. «Certains opérateurs réfléchissent à un approvisionnement par le fer ou la route, assure la directrice générale. Une fois la chaîne logistique cassée, elle est très difficile à reconstituer». Pour maintenir son activité, le port a programmé toute une série d'investissements. «18,7M€ seront dépensés en 2011, soit une somme jamais atteinte», déclare Marie-Luce Bousseton. Certains chantiers entamés en 2010 seront achevés cette année, comme le siège social de Bacalan, le poste 511 d'Ambès et la sûreté portuaire. Par ailleurs, une enveloppe est prévue pour améliorer le chenal de navigation (5M€), réhabiliter le hangar 81 au Verdon (2,2M€), réparer les écluses aux Bassins à flots... L'aménagement du terminal de Grattequina, décomposé en quatre phases, représente un coût de 20M€. «La première phase sera achevée fin 2011 afin qu'EADS Astrium puisse y réaliser de l'export de pales d'éoliennes jusqu'à 43m, explique Marie-Luce Bousseton. Le transport de pales de 60m devrait être possible à partir de 2012». Il s'agira du septième terminal pour le Port de Bordeaux.
Date fatidique du 5avril
En ce qui concerne la réforme portuaire, Jean-Paul Sandraz, président du conseil de surveillance, admet «qu'il n'existe pas de plan B.On ne peut que vivre dans la perspective qu'un plan soit conclu avant avril». Le 5avril, les grands ports maritimes doivent cesser d'exploiter les outillages. À Bordeaux, c'est la société BAT (Sea-Invest, Balguerie et Port de Bordeaux) qui doit reprendre les outillages et salariés. À condition que ceux-ci se remettent au travail...
2011 s'annonce comme une année à enjeux pour le Port de Bordeaux, qui prévoit un niveau d'investissement record et la mise en place de la réforme portuaire.