L'immobilier en berne, les freins sur les investissements privés et les coupes budgétaires des collectivités fragilisent depuis le début de la crise les entreprises du BTP, qui prévoient, à l'instar de Pontiggia, « une année 2015 très dure pour la profession, et socialement compliquée ». Les interrogations sur l'organisation de la future grande région Alca viennent exacerber encore les inquiétudes de Martin Stoll, directeur général et Thomas Neeb, président de l'entreprise de travaux publics colmarienne. Pontiggia, qui dispose de trois agences possédant leur propre parc de machines et un atelier mécanique, à Horbourg-Wihr (son siège) Wittenheim et Hoerdt, a vu son chiffre d'affaires chuter pour la première fois en 2014, de 32 M€ contre 36 M€ en 2013. Une baisse dans la moyenne de celles observées dans la profession.
Pas de chômage technique
Si ses marges ont été dégradées, Pontiggia, dont le capital est détenu par sept cadres de la société, parvient malgré tout à garder le cap. « Beaucoup d'entreprises de la région ont connu des périodes de chômage technique... Si la visibilité est mauvaise, deux à trois mois maximum, nous maintenons un volume d'activité qui permet de faire travailler nos 175 salariés », pointe Martin Stoll. « On fait le dos rond pour traverser cette période difficile », ajoute Thomas Neeb. Historiquement plutôt active sur les marchés privés, l'entreprise s'est ouverte aux marchés publics, les investissements des entreprises ayant connu un coup de frein important depuis 2008. Les marchés privés ne représentaient plus en 2013 que 30 % de l'activité de Pontiggia. Ils ont été un peu plus nombreux en 2014. « On sent un frémissement au niveau des projets industriels en ce début d'année, constate Thomas Neeb. Le BTP a cependant besoin d'une relance de la commande publique ».
Une implantation stratégique
Contrainte de baisser ses prix pour s'aligner sur ses concurrents, Pontiggia veille à préserver la qualité de réalisation et à valoriser au maximum le savoir-faire technique de ses équipes. « Nous bénéficions d'une belle notoriété dans le centre Alsace et d'un bon développement dans le Bas-Rhin qu'il nous faut entretenir », confirme le directeur général. Active depuis quatre ans dans ce département, Pontiggia a investi 1 M€ pour se doter d'un bâtiment à Hoerdt en septembre 2013. « Nous avons décidé d'investir dans le Bas-Rhin malgré la crise car le secteur est un peu plus dynamique. L'agence connaît une croissance de 10 à 15 % chaque année et enregistre aujourd'hui un chiffre d'affaires de 10 M€ », explique l'équipe dirigeante.
Espoir de projets structurants
L'entreprise, qui envisage d'aller chercher des marchés Outre-Rhin, attend avec impatience que les projets structurants annoncés par les collectivités alsaciennes soient enfin lancés : le grand contournement ouest de Strasbourg (GCO), la zone commerciale de Vendenheim, la fibre optique, la déviation de Châtenois... « Nous n'avons pas la taille nécessaire pour répondre directement à ces appels d'offres mais ce type de chantiers donne indirectement du travail à toute la filière », souligne Thomas Neeb. Pontiggia dispose d'une taille qui lui permet de se positionner à la fois sur de grosses opérations à plusieurs millions d'euros comme de petits projets, pour des particuliers par exemple. L'entreprise, spécialisée dans le terrassement, l'assainissement, les réseaux secs et les voiries (100.000 tonnes d'enrobés posés par an) se positionne aussi sur l'aménagement d'espaces de jeux et d'activités sportives. « Nous sommes revendeurs exclusifs du fabricant Proludic en Alsace. C'était il y a encore quelques années un secteur à bonne valeur ajoutée mais aujourd'hui plus compliqué, car dépendant des commandes publiques... », explique Martin Stoll. Pontiggia a réalisé plusieurs pistes d'athlétisme, à Mulhouse, Colmar ou encore Riedisheim.
Pontiggia
(Horbourg-Wihr) Président : Thomas Neeb Dg : Martin Stoll CA 2014 : 32 M€ 175 salariés 03 89 23 03 29