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Poclain continue investit à Sablé
Interview Sarthe # Mécanique # Investissement

Poclain continue investit à Sablé

Reprise il y a 18 mois par le groupe Poclain, Grandry Technologies à Sablé-sur-Sarthe fait l'objet d'un plan d'investissement de la part de son nouvel actionnaire. Le directeur du site, Philippe Reynolds, nous donne des détails.

Le Journal des Entreprises : Pourquoi un spécialiste de la transmission hydraulique comme Poclain s'intéresse à une fonderie comme Grandry ?

Philippe Reynolds : Pour Poclain, c'est un métier indispensable pour la fabrication de ses composants. La production de pièces de fonderie requiert un process extrêmement technique et très difficile à maîtriser. C'est aussi une industrie malmenée ces dernières années qui subit des pressions fortes sur les prix et sur la qualité. La concurrence est mondiale et les fondeurs qui ont un savoir-faire sur les pièces simples ne résistent pas. Résultat, leur nombre baisse en Europe. La France a perdu 25 % de ses fonderies en 10 ans. Le groupe a donc choisi de rentrer dans le monde de la fonderie plutôt que de refaire le sourcing de ses produits.

Comment s'est fait le choix de Grandry ?

P.R. : Poclain voulait maintenir le savoir-faire de Grandry qui est un de ses fournisseurs depuis 30 ans. Le site a les compétences sur la fabrication de pièces fortement noyautées, de la métallurgie complexe. Même si nous sommes un groupe international, la langue a aussi été un élément important pour entrer sur le marché de la fonderie. C'est aussi plus simple en termes de culture d'entreprise. Avec le TGV, Sablé est également proche de notre siège social du Plessis-Belleville, dans l'Oise. C'était donc la meilleure opportunité.

Quelle était la situation de l'entreprise lors de la reprise à l'été 2015 ?

P.R. : C'était une société régulièrement déficitaire depuis plusieurs exercices. L'objectif, c'est de la ramener au-dessus de l'équilibre sous deux ans et d'en faire un site de fonderie modèle et rentable. La volonté étant d'augmenter nos volumes de 40 % à horizon 2020. On reste toutefois une PME ; le changement ne peut pas être brutal. Il faut l'accompagner.

Comment cela va-t-il se concrétiser ?

P.R. : Nous allons amener à la fonderie les capacités d'investissement qui lui faisait jusqu'à présent défaut. Depuis l'été 2015, Poclain a enclenché un plan d'investissement annuel d'un à deux millions d'euros sur quatre à cinq ans. Il s'agit de moderniser l'usine pour renforcer la qualité des produits et répondre à une demande de plus en plus technique. En 2015 et 2016, nous lui avons remis le pied à l'étrier en la sécurisant financièrement. Nous avons notamment investi dans une machine de meulage numérique et dans la robotisation d'un îlot de sablage. Des investissements de productivité qui vont nous permettre de gagner en prix de revient et de retrouver de la rentabilité. La chance de Grandry, c'est d'être à 100 % dans un groupe industriel qui effectue un mouvement stratégique vers cette activité de fonderie.

Quelles sont les perspectives pour 2017 ?

P.R. : Nous avons recruté six personnes en 2016, pour titulariser des intérimaires en production et pour renforcer certains services qui accompagnent la transformation de l'entreprise. Depuis l'acquisition, les ventes sont en croissance. Le fait que Poclain soit la maison mère rassure les clients existants et les prospects.

Quel est justement le poids de Poclain dans l'activité du site ?

P.R. : Le groupe est client à hauteur de 25 à 30 %. Nous n'avons pas de privilège acquis parce que nous sommes une division de Poclain. Au sein du groupe, on n'est pas obligé de faire appel à nous. On veut de toute façon rester ouvert sur le marché en gardant de la disponibilité pour nos clients actuels et pour les prospects. La part de Poclain ne dépassera jamais 30 % de nos ventes.

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